Rechercher sur le site

Intervention de Raphaelle Primet sur la création du dispositif « 1% déchets » de la Ville de Paris

Conseil de Paris
1 juillet 2015

Madame La Maire, mes chers collègues,

L’objet de cette délibération est d’étendre comme nous l’autorise la loi depuis 1 an, le
dispositif Oudin/Santini à la question des déchets. Nous sommes heureux que Paris devienne la première collectivité à le mettre en place et ce pour un budget annuel pouvant aller jusqu’à un million d’euros.

10 ans après, le bilan positif du 1% eau et assainissement a mis en lumière la problématique et a permis en France une augmentation notable des actions de coopération décentralisée puisqu’ on estime que les collectivités et agences ont mobilisé en moyenne par an près de 20millions d’euros sur ces secteurs, dont 15 millions via la loi Oudin .Il reste encore des possibilités car si toutes les collectivités et agences utilisaient leur 1% en totalité, c’est 65 Millions d’euros par an qui pourraient être investi alors que seulement 23,5 Millions ont été engagé en 2013. Le bilan est aussi bon sur le plan de la qualité avec un changement dans l’implication des acteurs favorisant des projets qui viennent en appui au renforcement de la maitrise d’ouvrage et des services publics. Par ailleurs ces actions de coopération décentralisée doivent venir en plus de
La coopération de l’état qui stagne à 0.35% du Pib en ce qui concerne la France et non pas si substituer.

Nous nous réjouissons donc que l’une des questions cruciales pour l’avenir de notre planète, les déchets, puisse bénéficier de ce levier important car la question des déchets était jusqu’ici le parent pauvre de la coopération décentralisée avec par exemple fin 2012 seulement 29 projets recensés en France portant sur ces questions.
Il est urgent d’agir comme le montre l’exposé des motifs avec 4,3 milliards de personnes qui habiteront en ville et généreront 2,2 milliards de tonnes de déchets solides en 2025.

Ces 2,2 milliards de tonnes de déchets solides annoncés présenteront un véritable problème en termes de salubrité et de santé publique, d’accès à des conditions de vie et d’hygiène mais aussi en termes d’environnement : émissions de gaz à effet de serre, de polluants, de contaminations des sols et nappes phréatiques.
C’est d’autant plus inquiétant que c’est justement dans les régions où le taux de collecte est le plus faible que le volume de déchets devrait connaitre une forte et rapide croissance.

Dans un proche avenir nous pensons que nous pourrons ouvrir ce mécanisme au-delà des déchets ménagers aux déchets agricoles, agroalimentaires ou aux résidus d’assainissement.

Permettez-moi juste de finir cette intervention sur une interrogation que certains pouvent avoir sur cette loi. Gérard Borvon président de l’association s-Eau-s voit le dispositif Oudin-Santini comme un cheval de Troie potentiel pour les entreprises privées qui mettraient ainsi un pied « néocolonial » dans les immenses marchés des besoins vitaux et des biens communs.

Sur Paris grâce à la municipalisation de l’eau en régie publique, nous sommes aux antipodes de ce risque. Au contraire, notre action publique vise le co-développement et la solidarité internationale. Mais nous serons attentifs à l’avenir à ce que dispositif reste dans le cadre du service public et vise uniquement à la satisfaction des besoins humains.

Les élu-e-s communistes Front de gauche sont plus que favorables à cette délibération qui participe concrètement à la coopération et au développement. Nous participerons au comité d’engagement avec comme boussole l’intérêt des populations et le service public qui seuls peuvent permettre un environnement de qualité pour tous et l’égalité d’accès aux biens communs de l’humanité.

Publié le

1er juillet 2015

Auteur-e-s