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Budget 2016 : Luttons pour le bien être au travail !

Plusieurs mouvements de grève des agents de la Ville ont eu lieu pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et les répercussions sur le service public. L’Etat est en cause, lui qui réduit la dotation aux collectivités, mais la Ville a aussi sa part de responsabilité. Voilà pourquoi les élu-es communistes-Front de Gauche ont proposé, et obtenu, la création de postes supplémentaires et n’ont pas voté pour les ratios promu-promouvables.

Retrouvez l’intervention de Raphaelle Primet.

Madame la Maire, mes chers collègues,

Madame la Maire, mon intervention portera sur la question du personnel de la Ville au premier plan de nos débats budgétaires.

Je sais que pour beaucoup de conseillers de Paris, majoritairement de droite, la situation des agents de la Ville n’est envisagée que sous le seul angle budgétaire. À leurs yeux, puéricultrices, éboueurs, secrétaires, médecins ou architectes sont tout au mieux des chiffres dans un tableau, au pire un fardeau pour notre collectivité.
Remettons les choses dans le bon ordre. Ce sont les agents de la Ville qui donnent corps à nos orientations politiques et qui ont à mettre en œuvre nos décisions auprès des usagers. Ce sont eux qui incarnent la Ville de Paris aux yeux du plus grand nombre.

Je tenais à nouveau à rendre hommage aux agents qui sont intervenus à la suite des attentats du 13 novembre, sur place et en accompagnant les populations dans les mairies du 10e et 11e et en tenant, coûte que coûte, à remplir leurs missions. Ils ont su répondre à la situation avec beaucoup de professionnalisme.
Depuis le début de la mandature, les mouvements de grève se succèdent. Ce matin encore, les agents de la DJS et de la DDCT étaient devant notre Conseil pour faire connaître leurs revendications. Certains diront : "comme d’habitude", sauf que non.
Pour la première fois, des cadres côtoient des ouvriers dans les assemblées générales et les organisations syndicales aux orientations nationales parfois très différentes se rejoignent pour gagner une meilleure condition de travail et une plus grande considération.

Nous regrettons que l’activité des instances paritaires soit toujours aussi erratique. Nous devrions y instaurer une vraie écoute, un vrai dialogue. Des syndicalistes nous rapportent qu’ils reçoivent des documents épais de plusieurs centaines de pages quelques heures seulement avant les réunions. Leur sentiment est qu’ils n’ont aucune marge de négociation auprès des directions. Les décisions sont prises bien en amont et les instances paritaires conçues comme de simples chambres d’enregistrement.
Voilà pourquoi nous voterons contre les deux délibérations qui fixent les ratios promus/promouvables. C’est un dossier sur lesquels agents et organisations syndicales n’ont pas été assez écoutés alors même qu’ils s’étaient mobilisés. Cette absence de discussion et ces blocages les exaspèrent.

Nous savons le poids des restrictions budgétaires imposées par l’Etat et qui pèsent lourdement sur les épaules du personnel sur lequel nous économisons le plus. C’est très grave, à la fois pour le service public et pour les agents eux-mêmes. Nous parlons de vie humaine, de carrières qui peinent à évoluer, de vacations que l’on refuse de renouveler pour des personnels déjà touchés durement par la crise.
Les économies, ce sont aussi ces postes que l’on supprime après les départs à la retraite et surtout ces questions des postes vacants pour lesquels les recrutements, pour économiser quelques mois de salaires à la Ville, peinent à arriver. Poste créé ne rime pas toujours avec poste pourvu.

Nous savons la difficulté à gérer plus de 55.000 agents dans ce contexte. Néanmoins, nous devons tenir bon sur les valeurs de gauche : préserver le statut comme fondement de l’intégralité des fonctionnaires, garantir l’égalité de traitement dans l’évolution des carrières, privilégier l’augmentation du salaire de base pour augmenter le pouvoir d’achat des agents qui vivent dans leur grande majorité avec des salaires moyens d’à peine plus de 1.100 euros.

Pouvez-vous l’imaginer ?

Quand on pense qu’il a fallu attendre six ans pour que le Gouvernement annonce l’augmentation du point d’indice.

Ne nous laissons pas entraîner par la droite dans la suspicion vis-à-vis de ces agents, en les accusant d’absentéisme. Le dernier rapport annuel sur l’état de la Fonction publique le montre bien : c’est dans les secteurs les plus exposés aux risques professionnels que l’on décompte le plus d’arrêts maladie.
Pour lutter contre l’absentéisme, luttons pour le bien-être au travail. Je suis sûre que nous aurons de meilleurs résultats.

Nous saluons la décision de créer de nouveaux postes dans les secteurs du nettoiement et de la petite enfance. Ces deux secteurs sont parmi les plus durs et sont sûrement les plus connus des Parisiens et des Parisiennes à qui ils rendent des services quotidiens.

Nous pensons cependant qu’il faut aller plus loin et amplifier notre effort sur ces deux secteurs. Voilà pourquoi nous proposons deux amendements :
- l’un pour créer 20 postes d’éboueurs supplémentaires et donc, arriver à 100 créations nettes de postes pour 2016,
- l’autre pour créer 20 postes à la DFPE afin de renforcer les équipes permanentes des crèches.

Dans un cas comme dans l’autre, les besoins sont très importants. Nous pensons que ces propositions modestes pourront contribuer à soutenir les agents déjà en poste.

L’actualité nous a montré l’importance de la présence humaine. La masse salariale augmente de moins en moins vite. Contrairement à ce qu’a dit M. POZZO di BORGO, je pense que les Français veulent plus de gauche. Les personnels comprendront que vous faites semblant de parler de leur souffrance, tout en parlant de supprimer des postes et de contenir la masse salariale. Je ne crois pas que ce soit ce qu’ils demandent.

Je vous remercie.

Publié le

18 décembre 2015

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