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Modernisation du stade Roland Garros : portons plutôt des ambitions sportives et culturelles

Grâce à la restitution de l’étude effectuée par le cabinet Egis, nous pouvons comparer, d’une manière objective, deux projets qui portent sur la modernisation du stade Roland Garros.
Le projet de couverture de l’A13 apparaît comme trop coûteux, trop émetteur de CO2, et n’apportant aucune réponse aux dysfonctionnements actuels du stade, nous soutenons le projet défendu depuis plusieurs années par la FFT, dit « des serres d’Auteuil ».

Retrouvez l‘intervention de Sergio Tinti

Madame la Maire, Mes cher(e)s collègues,

Aujourd’hui, grâce à la restitution de l’étude effectuée par le cabinet Egis, nous pouvons comparer, d’une manière objective, deux projets qui portent sur la modernisation du stade Roland Garros. Point final d’une procédure d’expertise demandée par la ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie. Cette étude nous éclaire sur la pertinence et la cohérence de ces deux projets.

Le premier, porté et défendu depuis plusieurs années par la Fédération Française de Tennis, dit « des serres d’Auteuil », envisage une modernisation et une extension des installations en restant sur sa localisation actuelle dans le but de trouver sa place dans les grands tournois internationaux notamment au niveau des conditions d’accueil des spectateurs et des athlètes.
Le second, porté par les associations, consistant en grande partie en l’installation de courts de compétition sur l’A13.

Les analyses présentées à la fin de l’étude mettent, à notre avis, et au-delà des notions techniques, un terme à une instrumentalisation politique qui avait fait de ce sujet une tribune médiatique pour quelques personnalités issues de notre assemblée.
Cela contraste d’ailleurs avec le processus démocratique d’échange avec les riverains, concrétisé par de nombreuses rencontres sous la précédente mandature, animées par la FFT et par notre ami Jean Vuillermoz. Ces démarches constructives ont permis en effet de tenir compte des différents avis des associations et des riverains.

Nous prenons acte des résultats de cette étude.

D’un point de vue fonctionnel, le projet de couverture de l’A13 n’offre aucune réponse aux objectifs majeurs de la FFT en raison du déséquilibre qu’il créerait dans la densité de spectateurs en offrant une surface inférieure de site et de cheminement.
Le déséquilibre continuerait d’être créé dans l’accès même au stade Roland Garros, n’offrant plus que deux entrées (contre trois dans le projet porté par la FFT), concentrées au nord du site, n’offrant toujours aucun équilibrage des flux de spectateurs.

Il faut garder à l’esprit que le projet d’extension du stade doit permettre de répondre et de résoudre des dysfonctionnements identifiés, notamment en termes de circulation et de densité spectateurs. Ce à quoi le projet porté par la FFT apporte une réponse, mais est omis par le projet porté par les associations.

La mobilité en dehors du stade, et par là la circulation automobile et la question de l’accessibilité, est aussi à prendre en compte. Le projet porté par les associations nécessiterait la privatisation de l’Avenue de la Porte d’Auteuil en période de tournoi, ce qui implique la mise en place de dispositifs alternatifs de circulation important et contraignant au regard des flux de circulation déviés.

D’un point de vue environnemental, nous voulons d’abord rappeler les garanties apportées sur la sauvegarde des plantes rares présentes dans les serres.
Par ailleurs, nous sommes conscients du souci des riverains et des associations de défense du patrimoine et de l’environnement quant à l’impact que peuvent avoir de tels projets de travaux dans un site comme le bois de Boulogne.
Et à ce titre, il faut être cohérent. Le projet porté par les associations, parmi lesquelles figurent des associations de défense de l’environnement justement, présente un « bilan carbone » deux fois plus élevé que le projet soutenu par le FFT. C’est un comble ! N’est-ce pas ces mêmes personnes qui pour s’opposer à la candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 arguait d’un « bilan carbone » jugé excessif ?
D’autant que l’impact sur le milieu naturel des deux projets est présenté par l’étude comme relativement similaire. En effet, si je cite le rapport : « aucun des projets n’est de nature à porter atteinte aux continuité écologiques locales et régionales ».

Encore un fois mes cher(e)s collègues, le projet porté par les associations ne répond à aucune exigences sérieuses.

La question du coût de travaux d’une telle envergure est un point sur lequel il faut évidemment se pencher.
Le projet soutenu par les associations représenterait un surcoût réel de 54 millions d’euros par rapport au projet porté par la FFT selon l’étude qui nous a été remise.
Ce surcoût s’expliquerait par des travaux intrinsèquement plus onéreux : augmentation des surfaces construites de plus de 11 000 m2 et travaux de remise en sécurité du tunnel Ambroise Paré.
Or, la FFT indique être dans l’incapacité d’absorber ce surcoût elle-même, ce qui mettrait finalement à mal le projet de modernisation.

Enfin, et c’est un point central, le projet porté par les association entraînerait un retard de 5 à 6 ans, selon le rapport de l’Egis, dans la livraison du stade modernisé.
Ces retards seraient en grande partie liés à la nécessité de relancer intégralement des procédures juridiques, longues et formalistes, susceptibles de nombreux recours.
Si la fin des travaux est espérée pour mai 2019 dans le cadre du projet dit « des serres d’Auteuil », elle n’interviendrait pas avant la mai 2025 dans le cadre du projet porté par les associations.
Or, je vous rappelle mes cher(e)s collègues que nous nous sommes prononcés favorablement pour l’engagement de Paris dans une candidature aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.
L’une des principales qualités de notre futur projet est la préexistence de nombreuses infrastructures sportives sur notre territoire.
Opter pour le projet de couverture de l’A13 consisterait à tirer un trait sur l’utilisation de Roland Garros dans le cadre de notre projet Olympique, compte tenu de l’impossibilité de livraison du stade modernisé avant le second semestre 2025, et par la même occasion, se passer d’un atout sérieux dans la compétition que sera l’obtention des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.
Devons-nous entrevoir dans la position des opposants au projet de la FFT l’esprit qui anime les signataires du Comité anti-Jeux Olympiques et Paralympiques ?

Ne tuons pas dans l’œuf ce beau projet ! Donnons-nous dès à présent les moyens de nos ambitions !

Pour toutes ces raisons, nous soutenons le projet porté par la Fédération Française de Tennis, qui nous semble répondre aux ambitions sportives et culturelles de notre ville.

Je vous remercie.

Publié le

30 mai 2015

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