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Intervention de Sergio Tinti relative à l’apposition d’une plaque commémorative en hommage aux résistants du lycée Buffon et du mouvement de la Rose Blanche

Conseil de Paris
26,27 et 28 mai 2015

Madame la Maire, mes cher-es collègues,

Le groupe communiste-front de gauche se félicite de l’apposition d’une plaque commémorative en hommage aux résistants du lycée Buffon à Paris et du mouvement de la Rose blanche à Munich.

Ceux que l’on appelle les « cinq martyrs du lycée Buffon », Jean-Marie Arthus, Jacques Baudry, Pierre Benoit, Pierre Grelot et Lucien Legros, s’engagent dans la résistance dès 1940, en participant notamment à la manifestation du 11 novembre de cette même année. Les cinq lycéens adhèrent ensuite au groupe des Francs-Tireurs et Partisans et multiplient les actes de résistance avec opiniâtreté en mobilisant d’autres jeunes.

En juin 1942, quatre d’entre eux sont arrêtés et remis aux autorités allemandes ; Pierre Benoît, qui était parvenu à s’échapper, est arrêté en août 1942 et rejoint ses camarades en prison. Le 15 octobre, ils sont jugés et condamnés à mort avant d’être exécutés par les nazis le 8 février 1943.

Outre-Rhin, la résistance contre le régime nazi s’organise également. Au printemps 1942, un mouvement nommé « La Rose Blanche » est créé par des étudiants munichois et prend appui sur une frange du monde universitaire et des intellectuels.
Leur lutte s’organise autour de dénonciations des exactions commises sous le Troisième Reich et prend la forme de distribution de tracts ou encore d’inscription de mots d’ordre pacifistes sur les murs de Munich.

Le 18 février 1943, Hans et Sophie Scholl, très engagés dans le mouvement de la Rose blanche, sont arrêtés par la Gestapo à l’issue d’une distribution de tracts à l’université de Munich. Un autre jeune membre du groupe, Christoph Probst , est arrêté peu après. Tous trois condamnés à mort le 22 février 1943, ils sont guillotinés le jour même. S’en suivent les arrestations, condamnations et exécutions d’autres jeunes résistants, dont Willi Graf et Alexander Schmorell.
Alors que nous commémorons cette année le 70e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie et que nous célébrons la journée nationale de la Résistance, qui coïncide avec l’entrée au Panthéon de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay, grandes figures de la résistance française, l’apposition de cette plaque commémorative en hommage aux cinq martyrs du Lycée Buffon et aux fondateurs du mouvement de la Rose Blanche prend une résonance toute particulière.

Néanmoins, nous nous saisissons de cette occasion pour déplorer l’absence de communistes parmi les résistants aujourd’hui panthéonisés, à rebours de la démarche adoptée par la ville de Paris, qui a associé toutes les composantes de la résistance française dans son exposition Femmes et Résistance.

Dans le cadre du travail d’Histoire et de mémoire entrepris par la Ville de Paris, nous nous devons d’honorer le rôle qu’ont joué ces jeunes résistantes et résistants dans la lutte contre les sombres desseins de l’idéologie nazie.

Il est primordial de placer au cœur de notre action la préservation de la mémoire de la résistance. De perpétuer cet idéal de fraternité qui animait ces actrices et acteurs du combat contre l’entreprise de haine et de destruction qui s’abattait sur l’Europe car, comme l’écrivit Paul Eluard dans son poème en hommage à Lucien Legros :

« Il n’avait pas UN camarade, Mais des millions et des millions, Pour le venger il le savait, Et le jour se leva pour lui. »

Je vous remercie.

Publié le

29 mai 2015

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