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" Paris 2024 : les 3 piliers d’une candidature populaire "

Nous saluons l’orientation que prend cette candidature. SergioTinti est intervenu pour rappeler que un grand projet sportif, tel que les Jeux Olympiques et Paralympiques, doit être l’occasion d’une mobilisation populaire exceptionnelle, impliquant les Parisiens et les Franciliens Pour construire des Jeux Olympiques populaires nous devons nous appuyer sur l’école, les clubs et associations sportives et la création de comités populaires.

Retrouvez l’intervention de Sergio Tinti

Madame la Maire,

Un grand projet sportif, tel que les Jeux Olympiques et Paralympiques, doit être l’occasion d’une mobilisation populaire exceptionnelle, impliquant les Parisiens et les Franciliens.

Le sport est un opérateur de changement. Il faut s’emparer des potentialités de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, pour amorcer la réforme de la place du sport à Paris ainsi que dans notre pays.

Nous ne sommes pas les seuls à en être convaincus. En amont du vote dans les derniers Conseils d’arrondissements du mois de mars, le Comité des Offices du Mouvement Sportif Parisien s’exprime non seulement en faveur des JO, mais aussi sur la nécessité d’un engagement important et ambitieux de l’Etat sur la durée. Nous partageons cette conviction.

Cette ambition ne peut se contenter d’un budget national du sport à 0.14%. Nous demandons un programme pluriannuel national, soutenu par un budget sport à hauteur de 1% du budget de l’Etat. Un programme finalisé au développement des installations sportives de proximité, au développement du sport pour tous, avec un effort important sur l’accessibilité des lieux de pratique, au soutien important du mouvement sportif. C’est un programme que nous inscrivons dans un cadre, que nous appelons « Loi Olympique », bâtie sur une conception du service public des sports moderne et de qualité.

C’est ce même service public qui aujourd’hui est remis en cause à Paris dans un long conflit qui, né sur des revendications de « prime du dimanche », se transforme en confrontation entre droit aux pratiques sportives et droit à une juste rémunération.
« L’amour de Paris pour le sport » ne peut pas s’envisager en dehors d’un service public du sport de qualité.

C’est bien pour l’amour du service public que nous pensons que le sport doit être le premier bénéficiaire de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024.

Cette candidature ne pourra donc pas créer de dynamique si nous ne l’envisageons pas comme un investissement.

Un investissement économique, c’est ce que nous appelons l’héritage des Jeux - sur lequel mon ami Nicolas Bonnet s’est déjà exprimé, en réponse aux besoins et exigences des populations.

Mais c’est aussi investissement humain.

Comment faire pour que notre candidature s’imprègne d’une dynamique populaire ? Comment réussir la fête avec les populations ? Comment garantir une connotation populaire à cette « loi Olympique » que nous demandons avec le mouvement sportif et quelle cohérence avec notre projet de société ?

Trois piliers pour donner un sens populaire à notre candidature :

L’école : du primaire à l’université. Il faut s’appuyer sur l’école comme lieu privilégié de démocratisation des pratiques sportives. Il faut s’appuyer sur le sport scolaire, trop souvent négligé, comme un vecteur de transmission de valeurs essentielles à la formation des citoyens de demain.

Les clubs et les associations sportives : organismes dans lesquels se mélangent partage d’émotions et partage de compétences, courroie de transmission des valeurs sportives universelles qui font tant défaut dans notre société aujourd’hui. Le mouvement des bénévoles est une belle expression de l’engagement citoyen le plus noble, car désintéressé et souvent indispensable à la pérennisation des clubs d’événements sportifs, exemple le plus réussi de« l’intergénérationnel » que nous prônons dans notre politique de la Ville.

C’est dans ce cadre que notre proposition de comités populaires pour la réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques, trouve tout son sens. A Paris, ces Comités - réunissant le mouvement sportif Fédéral, le mouvement associatif local, le sport scolaire, et les citoyennes et citoyens - pourraient donc voir le jour donnant aux Offices du Mouvement Sportif Parisien, pour lesquels nous avons demandé une refonte, un rôle de coordination.

Dans ces perspectives, les formes de concertation publique qui seront proposées, devront permettre de faire remonter les exigences et inquiétudes des populations. Afin que même les plus sceptiques puissent être entendus, et que le débat soit constructif.

Il faut que les parisiennes et le parisiens puissent s’emparer de ce débat populaire afin de se réapproprier l’idéal olympique etde réfléchir à ce que signifie « faire société ».

Si, comme vous le souhaitez Madame la Maire, la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024 doit raconter une histoire, selon les conditions que nous proposons, voilà ce qu’elle pourrait être : l’histoire de la génération 2024, et du Paris que nous voulons lui laisser en héritage.

Publié le

15 avril 2015

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