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Intervention de Sergio Tinti sur l’extension de l’amplitude horaire d’ouverture des équipements sportifs municipaux

Intervention en séance du Conseil de Paris des 20, 21 et 22 octobre 2014

Madame la Maire,

avec 360 jours d’ouverture sur 365 et des horaires d’ouverture allant de 7-8h à 22h30 en semaine et jusqu’à 18h le dimanche, les équipements sportifs sont les équipements publics les plus sollicités à Paris.

Le retard en offre d’équipements sportifs pris par la droite pendant toutes ses années de gestion était abyssal, et l’action de la municipalité pour combler ce vide depuis 2001, sous l’impulsion notamment de notre camarade Jean Vuillermoz, mérite d’être saluée.

Malgré cela, nous sommes confrontés à une demande toujours plus importante de créneaux horaires pour les associations et les clubs qui est plus en plus compliquée à satisfaire.

Nous connaissons bien ce problème. Cependant, confier aux associations et clubs le soin de la fermeture des locaux et l’encadrement de l’évacuation des personnes en cas de sinistre, n’est pas la bonne solution pour y répondre.
Le groupe Communiste - Front de Gauche pense que cette expérimentation apportera plus de soucis aux associations, aux clubs et aux agents et ne résoudra pas le problème de la recherche de créneaux.

Elle pose, tout d’abord, un problème de responsabilité non négligeable pour les associations, en leur demandant des prises de risque au-delà de leurs prérogatives et de leurs compétences.

L’encadrement et la sécurité des locaux est une mission de service public qui n’est pas à prendre à légère. Elle est aujourd’hui assurée par des agents compétents dont les prérogatives sont statutaires.

Qui va gérer l’évacuation des personnes qui n’ont pas à être dans le bâtiment après 22h30 en cas d’envahissement ? Qui devra assurer l’ordre ? Des associations qui n’ont pas le statut de représentants de la municipalité ?
Cette question n’est qu’une infime partie de la jurisprudence pléthorique et de cas pratiques relatifs à cette délégation de responsabilités. Des difficultés n’ont pour nous pas lieu d’exister, car le projet soumis à notre vote ne correspond à la demande des associations que de façon partielle, voir minimale, au regard des problématiques qu’elle introduit.

La demande de créneaux sportifs de nuit est difficilement quantifiable, et le besoin d’extensions est essentiellement motivé par des raisons de compétition. C’est d’ailleurs dans ce sens que va notre amendement à la délibération, qu’une extension soit possible pour des raisons de compétition et bien entendu sous la responsabilité des agents de la DJS.

Mais les associations ne demandent un aucun cas à assumer la responsabilité des équipements. Le soi-disant plébiscite en faveur de cette mesure part d’une inversion de la logique. Certaines associations, dont trois se sont retirées d’ailleurs, ont accepté ce transfert de responsabilité en échange de l’extension de leurs créneaux, mais elles n’ont pas demandé spontanément à avoir les clés du Bâtiment.

Les créneaux horaires qui manquent cruellement dans notre ville sont ceux de 17h à 22h. A ce problème nous proposons trois solutions :

Premièrement, l’augmentation de l’offre par une politique ambitieuse d’investissement dans les équipements publics de proximité. Le sport pour tous commence par un équipement sportif à proximité de chez soi.

Ensuite, d’entamer sérieusement les négociations avec le rectorat pour trouver des modes d’utilisation des équipements sportifs des groupes scolaires, qui ne sont pas utilisés après les heures de cours.

Mais aussi, développer une culture de partage et de collaboration entre clubs et association utilisateurs des mêmes installations sportives, en les intégrant à l’élaboration des prjets sportifs municipaux.

Et enfin, créer des comités d’usagers des équipements sportifs, notamment des centres sportifs. Un espace de concertation regroupant élus, utilisateurs et agents afin de coordonner l’utilisation des créneaux supplémentaires du soir lors de compétition.

Nous pensons que la délibération est, dans l’état actuel, contraire à notre vision du service public. Nous voterons donc défavorablement si l’amendement du groupe Communiste – Front de Gauche n’est pas retenu par l’exécutif.

Publié le

20 octobre 2014

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