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Intervention relative au Missions Locales Parisiennes

Intervention d’Emmanuelle BECKER

Monsieur le Maire, Chers Collègues,
Alors que nous débattons du budget de notre collectivité pour l’année à venir, un nombre croissant de jeunes parisiens est en proie à la misère et au chômage.
Le taux de chômage chez les jeunes actifs de moins de 26 ans est proche des 25 % en France. Dans ce contexte, la question de l’emploi des jeunes est un enjeu majeur de société. Nous avons en tout cas le devoir de la traiter comme tel.
En effet, le chômage des jeunes est souvent synonyme de misère, de difficultés quotidiennes, d’angoisse et d’isolement. Sans travail, beaucoup de jeunes n’accèdent pas au logement. Ils doivent alors renoncer à leur indépendance et obscurcir ainsi leur confiance dans l’avenir.
La jeunesse est un moment clé de la construction individuelle. Se résigner à voir les vies de milliers de jeunes Parisiennes et Parisiens accablées par le chômage n’est pas une option envisageable. Quand un jeune sur deux est angoissé par son avenir, et puisque l’Etat n’assume pas ses responsabilités sur cette question, il est indispensable que nous assumions les nôtres.
Nous devons le faire aussi dans un souci de justice, car de criantes inégalités territoriales existent au sein même de la jeunesse parisienne. Ainsi, les 6 arrondissements les plus touchés par le chômage des jeunes (12, 13, 14, 18, 19, 20) concentrent à eux seuls plus de 52% des jeunes chômeurs parisiens, alors que les 6 arrondissements les moins touchés (1, 4, 5, 6, 16) n’en hébergent que 22%. L’écart est considérable.

Mais en dénonçant cette situation, je n’entends pas m’apitoyer vainement. Je sais que dans sa réelle volonté d’agir concrètement en faveur des jeunes en difficulté, Paris peut compter sur son réseau de Missions locales.
L’Inspection Générale des Finances, comme celle des Affaires Sociales, n’a pas manqué de rappeler, en juillet dernier, les excellents résultats des Missions Locales parisiennes. Car en mettant en œuvre une démarche globale d’accompagnement social et en prenant en compte les caractéristiques individuelles de chaque jeune se présentant à elles, elles font preuve d’une capacité remarquable en matière d’insertion professionnelle durable des jeunes.
Il me paraît utile, du reste, de rappeler que l’inspection générale des finances souligne les coûts très raisonnables de ces bonnes performances. Ils sont de l’ordre de 417 euros par jeune. A titre de comparaison, il faut compter un minimum de 3 600 euros par jeune pour le « contrat d’autonomie » du gouvernement, bien moins efficace par ailleurs.
Vous annoncez donc, Monsieur le Maire, vouloir renforcer la coopération des Missions Locales Parisiennes afin d’en faire l’un des leviers principaux de la politique d’emploi de notre collectivité. Le Groupe Communiste et élus du Parti de Gauche n’a pas d’opposition particulière à l’idée d’une réforme de l’organisation des Missions Locales. Cependant, les modalités d’une éventuelle fusion suscitent des interrogations légitimes, notamment parmi les personnels.
Pour nous, il est indispensable, en effet, d’harmoniser les conditions de travail des personnels des Missions Locales. Cette harmonisation doit se faire par le haut, bien entendu, afin que les agents des Missions Locales bénéficient des meilleures conditions de travail possible. Cela implique aussi que la réorganisation ne diminue aucunement le nombre de salariés. Car enfin, pour nous, l’essentiel est avant tout de prendre en compte les résultats des Missions Locales par rapport aux jeunes Parisiennes et Parisiens, et de veiller à conserver – voire améliorer – leur excellence. C’est pour cette raison que nous avons déposé un amendement visant à abonder de 200 000 euros le compte des subventions aux associations pour financer l’action des Missions Locales Parisiennes.

Je vous remercie.

Publié le

16 décembre 2010