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Intervention sur la signature d’une convention avec l’Etat portant sur la réalisation d’enquêtes environnementales par le Laboratoire d’Hygiène de la Ville de Paris dans le cadre de la lutte contre le saturnisme infantile.

Intervention de Ian BROSSAT

Notre majorité s’est engagée dans la lutte contre l’habitat insalubre et le saturnisme dès le début de sa première mandature. Sur la base d’un diagnostic relevant la présence de 1000 immeubles insalubres, un plan d’éradication de l’habitat indigne a été engagé dès 2002. J’exprime au nom de mon Groupe ma satisfaction de voir cet engagement tenu et aussi poursuivi dans cette délibération, ce qui témoigne d’une prise en considération des Parisiens les plus défavorisés et exposés au risque de saturnisme, en particulier des enfants.

Cette délibération vise à renouveler la convention entre la Ville et l’Etat portant sur la réalisation d’enquêtes environnementales par le Laboratoire d’Hygiène de la Ville de Paris, sur demande de la Préfecture, lors du signalement d’un cas infantile d’intoxication au plomb au dessus de 100 microgrammes par litre de sang. Je tiens toutefois à préciser que ce seuil fait l’objet d’un débat d’experts et que la tendance actuelle est de considérer qu’à partir de 50 microgrammes par litre de sang, le risque pour la santé de l’enfant ne doit pas être exclu.

Je rappelle également les risques, pour les enfants intoxiqués au plomb dans des logements insalubres, d’être doublement exposés du fait de la présence de plomb dans les écoles qu’ils fréquentent. A l’initiative de mon Groupe, faisant suite à la présence de plomb dans une école du 18e arrondissement, un vœu a été adopté le mois dernier, visant à mieux prendre en considération les risques liés à cette double exposition.

Nous saisissons l’occasion de cette délibération, que nous approuvons, pour proposer que le Conseil de Paris soutienne, par un vœu, l’appel lancé le 15 février dernier par l’Association des familles victimes du saturnisme. Cet appel vise à ce que la lutte contre le saturnisme soit reconnue comme « Grande cause nationale » et dispose, à ce titre, des budgets et moyens nécessaires pour parvenir à son éradication.

Cette reconnaissance nous semble nécessaire compte tenu de l’ampleur du problème, qui s’apparente à une double peine inacceptable pour des adultes et des enfants à la fois mal-logés et durablement atteints dans leur corps par le poison du plomb.

L’Inserm estime à 85 000 le nombre d’enfants ayant contracté le saturnisme dans des logements insalubres et selon le Rapport 2009 de la Fondation Abbé Pierre, 600 000 enfants seraient victimes du mal logement avec des conséquences graves pour leur santé, dont le saturnisme.

Le Groupe Communiste et élus du Parti de Gauche votera en faveur de cette délibération qui s’inscrit dans le continuité de la lutte contre le saturnisme à Paris. Nous espérons également que notre Ville soutiendra notre vœu visant à ce que cette lutte soit reconnue Grande cause nationale.

Publié le

31 mars 2010