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Intervention sur le débat Roland Garros

Intervention d’Emmanuelle Becker

Monsieur le Maire, chers collègues,

Le tournoi de tennis de Roland Garros est un tournoi de renommée internationale qui est organisé chaque année à Paris à la fin du printemps depuis 1928.

Aujourd’hui, ce qui apparaît en fait comme un patrimoine sportif parisien demande à être réhabilité et à évoluer. Deux fois plus petit en superficie que les autres tournois du Grand Schelem, son stade et ses infrastructures doivent être agrandis pour des raisons sportives, techniques et financières. Et le débat en cours avec la Fédération Française de Tennis est bien celui du déménagement éventuel de Roland Garros hors de Paris.

Pour la Ville et les Parisiens, la question posée est double : voulons-nous garder cette compétition intra-muros ? Et surtout, le pouvons-nous, compte tenu de la densité du bâti parisien, de nos impératifs de logement, d’environnement et d’équipements en général ?

Le projet présenté par la municipalité n’ambitionne pas en l’occurrence de rivaliser avec les tournois américains, australiens et anglais en termes de surface. Les changements seraient importants mais raisonnables en termes de superficie.

I / Pour le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche, il s’agit en premier lieu de s’interroger sur la popularité de ce tournoi. Les 460 000 visiteurs de l’an dernier et les audiences télévisées, prouvent s’il en était besoin que ce sport appartient désormais à tous, alors que le tennis a longtemps été un sport réservé aux catégories les plus fortunées de la population.
Pour la pratique amateur, la renommée d’un tel tournoi est bénéfique, c’est une évidence, et son implantation à Paris participe de son influence et de son impact auprès du public. Je ne pense pas que les sportifs professionnels qui jouent à Roland Garros s’inquiètent vraiment de sa localisation dans l’agglomération parisienne. En revanche, si ce tournoi demeure sur notre territoire, nous souhaitons que son public soit élargi, à l’image des projets portés par le PSG vers les enfants des écoles.

Roland Garros fait certes partie du patrimoine parisien, mais il s’agit de centaines de milliers de visiteurs, Parisiens, Franciliens ou touristes. Dans une logique métropolitaine, un grand nombre d’événements et de structures sportives se trouvent en périphérie de Paris – ou y ont déménagé, ces dernières années. Les rencontres internationales de l’Equipe de France de Football, certains matchs du Stade Français ou de l’Equipe de France de Rugby se font désormais à Saint-Denis, pour ne prendre que cet exemple. Il ne serait pas illogique que la Ville se batte en effet pour conserver sur son territoire au moins un événement majeur dans l’année. Pour nous, la préoccupation est en tout cas légitime.

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II / Pour autant, le projet d’extension présenté par la Ville de Paris a concentré un grand nombre de critiques, pétitions et déclarations publiques qui évitent soigneusement cette question.
Le point particulier qui concentre les critiques concerne les fameuses serres d’Auteuil, dont on parle beaucoup – dont on n’a jamais autant parlé. Première critique : la destruction des serres chaudes, c’est-à-dire les plus modernes, qui ne présentent pas d’intérêt patrimonial ou architectural particulier. Ce qui compte plutôt, ce sont leurs collections de plantes rares ou fragiles, mais la Ville apporte en l’occurrence des garanties à ce sujet. Nous ne voyons en tout cas nulle part que Paris ait choisi le tennis contre les serres, ou le tennis à la place des serres. Ce réaménagement-là est très loin d’une remise en cause.

La seconde critique est plus insidieuse dans un certain sens. On entend en effet que les 460 000 visiteurs de Roland Garros vont déambuler sur le nouveau site et « dégrader » considérablement les jardins. Je trouve cela étrange alors que le site en question est déjà ouvert au public. Et, si l’extension peut permettre à plus de Parisiens et de Franciliens de découvrir ce site et de traverser des espaces verts, il nous semble qu’il y a lieu de se réjouir.
Un autre critique concerne les associations, les sportifs amateurs et les scolaires. La pratique des amateurs et des scolaires est au cœur de l’action de la Ville et de l’adjoint au sport. Alors que notre majorité est à l’origine d’une création sans précédent de nouveaux équipements sportifs, c’est faire un drôle de procès d’intention que de l’accuser de vouloir remettre en cause le sport dans le 16e arrondissement.

Nous avons une critique à porter au projet de la FFT, il s’agit du montant de la redevance que celle-ci va verser à la Ville. Pour nous, le compte n’y est pas. La redevance fixée aujourd’hui reste largement insuffisante, au regard des bénéfices engendrés par le tournoi au profit de la FFT.

Je vous remercie.

Publié le

17 décembre 2010