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JO 2024 : " Nous voulons des JO de la paix et de l’emploi "

Si la candidature aux JO doit être un levier au service du progrès, nous devons être à l’écoute, comprendre les préoccupations des populations et co-élaborer notre projet de candidature tous ensemble. Les questions de paix dans le monde et celles de l’emploi et de droit du travail sont omniprésentes. Nous devons inscrire notre projet dans cette perspective.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire,

A quelques mois des Jeux de Rio, la candidature de Paris à l’accueil des Jeux Olympiques 2024, doit franchir une étape importante : celle de la mobilisation des parisiens et bien au-delà, le soutien de la population française.

Nous partageons l’objectif que cette candidature doit être un levier au service des progrès auxquels les parisiens aspirent, en répondant à la fois aux exigences du CIO, sans trahir nos engagements de campagne, et laissant un héritage avec des avancées concrètes dans tous les domaines. Le plan d’accompagnement y répond en grande partie, mais je pense que nous pouvons l’améliorer.

Par exemple, nous pensons que le point de départ est l’implication citoyenne et la création de comités locaux pour la réussite des jeux que nous vous avions déjà proposée. Nous vous avions également demandé une inspection générale sur les Offices des sports qui pourraient jouer un rôle de concertation et de mobilisation à l’échelle des arrondissements.

Si nous voulons convaincre, nous devons comprendre les préoccupations du moment pour que notre projet de candidature soit en phase avec la population.
Deux grandes questions doivent être approfondies : la question de la paix dans le monde et celle de l’emploi et du droit du travail.

On parle beaucoup de radicalité en ce moment, alors je vais revenir aux racines de l’olympisme et aux fondamentaux de la charte : "le but de l’olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme en vue de promouvoir une société pacifique."

Si l’objectif premier de l’olympisme est de promouvoir un monde pacifique, ce qui me semble réellement en phase avec l’aspiration à la paix dans le monde que les parisiens ont exprimé après les terribles évènements de 2015.

Mais l’affiliation entre Jeux Olympiques et paix ne va pas de soi. Les contradictions sont tellement importantes entre les objectifs humanistes inscrits dans la charte et la réalité commerciale, médiatique et géopolitique des jeux, que le message de l’olympisme n’est plus entendu par une grande partie de la population.

Face à ces contradictions, Nelson Paillou disait déjà que "l’essentiel est d’en parler, sans doute, mais ce n’est pas suffisant. Il faut convaincre, triompher pour qu’au troisième millénaire ce ne soit pas les jeux du cirque qui s’imposent mais le sport humaniste qui triomphe".

Le défi auquel le mouvement olympique est confronté c’est celui des valeurs universelles d’émancipation humaine qui font sens.

Je pense que nous devrions inscrire notre projet dans la logique de la déclaration universelle des droits de l’Homme, vers plus de démocratie, de paix et de justice sociale. Pour ce faire, je vous fais deux propositions.

Premièrement sur la paix : pourquoi ne pas mettre au coeur de notre projet un partenariat avec l’Unesco, dont le siège est à Paris, ce serait un symbole fort. De même, notre adhésion à l’association des maires pour la Paix devrait être mise à profit pour que la culture de Paix soit au coeur du projet Paris 2024.

Deuxièmement sur l’emploi et les conditions de travail : comme nous le savons c’est la première préoccupation du moment et c’est un élément essentiel de progrès social et de la paix. En accord avec la recommandation du CIO sur les clauses relatives au travail dans les contrats passés avec les villes hôtes, je vous propose que l’on travaille dès maintenant à un protocole pour que la candidature de Paris soit exemplaire sur le travail décent à partir des conventions fondamentales de l’Organisation Internationale du Travail. Cela signifierait que tous les acteurs économiques qui sont partenaires de notre candidature respectent les principes de l’OIT et notamment la responsabilité sociale des entreprises et que les travailleurs migrants et détachés jouissent des mêmes droits et avantages que ceux imposés dans notre pays.

Nous fêtons les 80 ans du Front Populaire qui s’est rassemblé sous un slogan simple et populaire " Le pain, la paix et la liberté", pour illustrer mon propos, je m’inspirerai de l’appel du 10 juin 1936 de Léo Lagrange qui disait simplement : " La plus grande partie de la jeunesse de France ne peut aujourd’hui pratiquer les sports. Les causes sont multiples : manque de terrains et de stades, manque d’instructeurs et d’entraineurs, manque de temps pour les jeunes qui travaillent, frais trop élevés. Nous ne voulons pas que notre action ait pour seul objet de mettre dans les mains de nos jeunes un fusil. C’est le message de la vie et non de la mort que nous voulons présenter. (....)

La semaine de 40 heures, les congés payés, l’accession de la classe ouvrière et des masses populaires de notre pays à une vie que le travail n’absorbera pas intégralement, pose devant nous le problème de l’organisation des loisirs. Loisirs sportifs, loisirs touristiques, loisirs culturels où doivent s’associer et se compléter les joie du stade, les joies de la promenade, du camping, du voyage, les joies des spectacles et des fêtes. Nous voulons que l’ouvrier, le paysan et le chômeur trouve dans le loisir la joie de vivre et le sens de leur dignité."

Retrouvez le plan d’accompagnement de la candidature aux Jeux Olympiques

Publié le

17 mai 2016

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