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L’Etat et la ville de Paris doivent travailler de concert en matière de santé

Tout en saluant le travail de la ville sur les questions relatives à la santé, Hervé Bégué profite de cette délibération pour revenir sur les sujets absents de cette communication, la question de la psychiatrie, l’accès aux soins en urgence et les soins aux personnes âgées dépendantes notamment.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire,
Mes cher.e.s collègues,

Cette communication est intéressante car elle permet de faire un point d’étape sur les politiques de la Ville de Paris en lien avec la santé. Nous saluons la volonté de la Ville de faire beaucoup pour la santé alors qu’elle n’y est, en théorie, pas obligée. Il y a beaucoup de bonnes choses, comme par exemple la prévention au plomb, la promotion de la santé sexuelle ou encore la réduction des risques pour les usagers de la drogue. Je pense notamment à la première salle de consommation à moindre risque. Nous saluons également la création premier centre de santé sexuelle tout public qui a ouvert à l’Hôtel-Dieu en janvier 2019, c’est une véritable avancée. Nous avons proposé 3 vœux rattachés à cette communication. Un vœu sur la situation au sein de l’APHP, un autre sur l’acceuil des femmes sans domicile à Lariboisière et un dernier sur la création de centre de santé municipaux.

Je voudrais revenir sur les sujets absents de cette communication, la question de la psychiatrie, l’accès aux soins en urgence et les soins aux personnes âgées dépendantes.

Dans un premier temps, alors que la ministre de la santé a annoncé une augmentation de l’enveloppe dédiée aux hôpitaux psychiatriques, le budget du secteur n’a cessé d’être rogné depuis des années, entraînant une dégradation de la continuité des soins et de la cohésion des équipes. S’il existe une carence globale de moyens financiers et humains pour le secteur psychiatrique, le manque de structures médico-sociales est particulièrement criant en pédopsychiatrie. Contrairement à la tendance actuelle qui voudrait que la psychiatrie soit exclusivement cantonnée au domaine médical, cette discipline devrait davantage mobiliser les travaux issus des sciences cognitives, mais également des sciences humaines, de la philosophie et de la psychanalyse, pour développer le soin relationnel. Il est également temps d’en finir avec l’augmentation continuelle du recours à l’isolement et à la contention. La contrainte doit cesser d’être la norme. Le droit des patient.e.s, hospitalisé.e.s ou non, est régulièrement ignoré, parfois volontairement bafoué. La psychiatrie et le secteur médico-social doivent pouvoir s’appuyer sur des équipes stables avec des personnels non interchangeables, quel que soit leur statut. Ils doivent pouvoir bénéficier d’une assise solide qui autorise la parole et propose de véritables évolutions de carrière.

Dans un deuxième temps, je reviendrai sur l’accès aux soins en urgence.

L’APHP est un établissement public rattaché, entre autres, à la Ville de Paris : la Maire de Paris préside le Conseil de surveillance de l’AP-HP, où siègent également plusieurs élus parisiens.

De ce fait la problématique d’accès aux soins en urgence ne peut être écartée. Pour les usagers, les crises récurrentes au niveau des urgences se traduisent par : délais d’attente énormes, difficultés d’hospitalisation de très courte durée, quand cela est nécessaire. Face à cela, il faut faire des propositions : augmentation des capacités d’accueil dans les centres de santé, création et développement de consultations de médecine générale dans les hôpitaux.

Dans un dernier temps, notons que le vieillissement de la population est une donnée majeure de santé publique. On ne peut pas dissocier radicalement l’hébergement et les soins : il faut donc augmenter notablement les capacités d’accueil en EHPAD à Paris, à des tarifs accessibles pour les classes populaire. Il s’agit du problème de la création du « risque dépendance » pris en charge par la sécurité sociale. Développons les services de soins à domicile pour les personnes âgées, afin d’assurer autant que possible, le maintien des personnes à leur domicile.

Je vous remercie.

Publié le

15 novembre 2019

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