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L’Hôpital Nord : comment déshabiller Pierre pour habiller Paul ?

Communiqué de Presse

Le 15 avril 2015 se tenait dans le 18e arrondissement une réunion publique d’information relative au projet d’hôpital nord organisée à la demande des élu-es communistes-Front de Gauche du 18e. Lors de cette rencontre, Martin Hirsch et la direction de l’ARS n’ont pas réussi à apaiser les inquiétudes. Car en effet l’Hôpital Bichat sera bien démantelé, les urgences et la maternité seront notamment transférées vers le futur Hôpital Universitaire de Paris Nord tandis que quelques activités seulement, principalement articulées autour de la gériatrie et de la santé mentale, seront maintenues sur le site attenant de Claude Bernard.

Anne-Marie de Saxcé, directrice de l’offre de soin de l’Agence régionale de santé (ARS), a mis en avant le nécessaire rééquilibrage de l’offre hospitalière vers le Nord de Paris. Nous ne pouvons que souscrire à cet engagement tant les habitants du Nord de Paris et de Seine St Denis ont fait les frais des politiques de santé libérales, au point de devenir des déserts médicaux à l’orée de l’année 2015. Mais ce rééquilibrage se fera à quel prix ? Après la fermeture de l’Hôpital du Val de Grâce (5e) et les attaques contre l’Hôtel Dieu (4e), c’est aujourd’hui l’Hôpital de Lariboisière (10e) qui risque d’être amputé du tiers de ses locaux destinés à être vendus au plus offrant.

Le directeur de l’APHP et Bernard Jommier, adjoint à la Maire de Paris en charge de la santé, ont quant à eux vanté à l’unisson ce projet de méga hôpital qui devra répondre aux besoins de plus d’un millions de personnes tout en disposant d’un nombre réduit de lits. Martin Hirsch a même affirmé que « l’efficacité d’un hôpital service rendu en 2025 ne s’appréciera pas au nombre de lit qu’il y a dedans. En 2025, il n’y aura pas de liens directs entre les effectifs des soignants et le nombre de lits ». Cette affirmation a de quoi étonner à l’heure où l’Etat demande aux hôpitaux publics de réaliser 3 milliard d’économies au moyen de la suppression de 22 000 postes d’ici 2017.

Les inquiétudes exprimées lors de cette réunion l’ont bien montré : les parisiennes et les parisiens veulent être associés à l’avenir de l’Hôpital public. Raison supplémentaire pour organiser au plus vite des assises parisiennes de la santé réclamées par le groupe communiste-Front de Gauche depuis le début de la mandature. Dans l’attente de cette concertation, il conviendrait que l’AP-HP mette un point d’arrêt aux projets de réorganisation de l’offre hospitalière.

Groupe Communiste-Front de Gauche du Conseil de Paris

Publié le

16 avril 2015

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