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L’espace public appartient à toutes et tous

Le harcèlement des femmes dans l’espace public, comme la privatisation de certains espaces par les hommes, sont des phénomènes connus de toutes et tous, contre lequel nous devons lutter. Hervé Bégué a rappelé les efforts engagés par la Ville de Paris sous l’impulsion d’Hélène Bidard pour développer des politiques publiques genrées et encourager les modes de conception de l’espace public qui prennent en compte cette réalité. Retrouvez son intervention

Madame la Maire, mes chers collègues,

Je tenais à intervenir sur cette délibération qui apporte le soutien de la Ville de Paris à des associations qui interviennent autour des thématiques du partage et de l’usage de l’espace public selon le genre.

Toute modeste que soit cette délibération, elle a le mérite d’acter une politique publique nouvelle qui part du réel, des problèmes concrets qui se posent aux femmes sur l’espace public. On ne peut raisonnablement pas nier cette différence, nier que les femmes sont interpellées, sifflées, parfois suivies lorsqu’elles marchent dans la rue. C’est cette expérience du quotidien qui fait qu’une femme ne choisira pas les mêmes trajets qu’un homme, qui fait qu’une femme aura plus peur de rentrer tard chez elle le soir et dans les cas les plus durs, c’est ce qui fait que certaines femmes n’osent même plus sortir de chez elle. Partant de cette réalité, il nous faut garantir le droit de chaque femme à se déplacer quand elle veut, où elle veut, dans la tenue qu’elle veut.

Et même sans aller jusqu’à des phénomènes d’harcèlement, l’usage de l’espace public est étroitement lié au genre et c’est un problème. Je ne prendrai qu’un exemple, lorsque je passe devant un terrain de sport en plein air, un TEP comme on dit à Paris, je ne vois que très rarement des jeunes filles alors que les garçons y sont nombreux. Et lorsque les filles fréquentent ces équipements, elles le font sur des horaires spécifiques et peu nombreux durant lesquels elles savent que les garçons ne seront pas là. De ce fait, ces espaces publics, en principe ouverts à tous, ne sont pas des espaces mixtes. Plusieurs études l’ont d’ailleurs montré de manière objective, les trois quarts des dépenses publiques dans le domaine des équipements de sport et de loisirs répondent à des besoins exprimés avant tout par et pour des hommes.

C’est donc que la Ville doit se saisir de cette problématique et doit réfléchir à ses propres politiques publics pour les faire évoluer en direction d’une plus grande égalité entre les femmes et les hommes dans l’espace public.
Pour se faire, il faut déjà sortir de conceptions ancestrales d’élaboration de l’espace public qui se basent largement sur des visions avant tout masculines. Le renouvellement urbain, la création de services publics, doivent permettre de porter une autre vision.

L’égalité femme/homme est aussi une affaire d’éducation, de valeurs qu’il faut pouvoir transmettre aux enfants mais aussi aux adultes. Il faut multiplier les initiatives, à l’image de ce qui a été fait en Mairie du 18e, sous l’impulsion de Nadine Mezence, élue communiste de l’arrondissement, et d’Hélène Bidard, avec l’exposition « les crocodiles » qui traite du harcèlement dont les femmes sont victimes dans le métro parisien.

Et enfin, c’est ce nous faisons aujourd’hui en allouant des financements à 5 projets qui traitent de cette problématique.

Voilà pourquoi nous soutiendrons cette délibération et que nous encourageons la Ville à démultiplier ses efforts en faveur des politiques genrées.

Je vous remercie.

Publié le

20 mai 2016

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