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L’extension du travail le dimanche et de nuit : le groupe Communiste - Front De Gauche dit non !

TRIBUNE

26 septembre 2014


Lors du Conseil de Paris en mai dernier nous réaffirmions notre engagement contre l’extension du travail du dimanche : cette interdiction reste une conquête sociale majeure. Nous appelions à rester vigilants car l’évaluation des zones touristiques sur Paris ne devra pas servir de prétexte à une remise en cause du droit au repos dominical.

Le 24 juin dernier 600 employés des grands magasins avaient d’ailleurs manifesté contre le travail du dimanche. Ce sujet, en cette période de rentrée, reste au cœur de l’actualité à Paris et nous nous devons de rester mobilisés. La droite parisienne et le gouvernement entendent agrandir les périmètres et le MEDEF propose que tout Paris soit désormais en zone touristique. Rappelons qu’il y a actuellement 7 zones touristiques où les magasins ouvrent le dimanche.

La dernière étude de l’office de tourisme de Paris (décembre 2013) montre que 15% des touristes viennent à Paris pour faire des achats. L’attractivité de notre ville réside principalement dans son rayonnement historique, culturel et non dans sa marchandisation. Pourtant, Paris reste la première destination touristique mondiale.

Une Mission d’ Information et d’Évaluation issue de la volonté du Conseil de Paris a lieu en ce moment et rendra son rapport le 16 décembre prochain. Nous avons décidé de participer à cette mission car nous voulons continuer à œuvrer à l’amélioration des conditions de vie et de travail des salariés ainsi qu’au respect des droits fondamentaux.

Travailler le dimanche est un nouveau moyen de pression sur les salariés. Il ne s’agira pas d’un libre choix : « pour gagner plus, il faut travailler le dimanche ». La notion de volontariat n’existe pas dans le monde du travail et rappelons que le fonctionnement hebdomadaire d’un magasin est laissé à la discrétion de l’employeur. C’est ce que l’on peut qualifier d’ « escroquerie » morale. Le salarié se devra, pour garder ou accéder à un emploi, d’être flexible.

Le MEDEF explique qu’en libéralisant les jours et les horaires de travail cela permettrait de nouvelles embauches alors que cela favoriserait le monopole de grands groupes et la précarisation des salariés. D’autre part, l’extension du travail du dimanche n’apportera pas plus de pouvoir d’achat : il s’agira d’étendre le temps d’achat plus que sa capacité. Nous sommes là confrontés à une offensive du MEDEF et des libéraux visant à engager une véritable déréglementation sociale.

Le travail dominical à Paris engendre donc une série de questions à différents niveaux :
- Économique : nature des contrats de travail proposés.
- Social : disparition des petits commerces, augmentation des prix liés aux baux commerciaux.
- Sociétal : remise en cause de certains jours fériés. Les familles monoparentales seront les premières pénalisées et la précarité risque d’augmenter dans la population féminine de Paris.
- Le vivre ensemble : la vie associative et citoyenne sera mise à mal et la vie familiale s’en trouvera altérée.
- Environnemental : l’ouverture du dimanche est consommatrice d’énergies et donc créatrice de pollution et les modes de déplacements s’en trouveront modifiés.

Pour le moment, à Paris, les magasins peuvent ouvrir le dimanche jusqu’à 13h seulement à condition d’être fermés le lundi toute la journée, afin de garantir aux travailleurs une journée pleine et fixe de repos par semaine. Aujourd’hui, des infractions au cadre légal se font en toute impunité, fautes de moyens de contrôle et du manque d’inspecteurs du travail.

Si le travail du dimanche est banalisé et étendu à plus de personnes, les collectivités auront à leur charge de nouveaux services générant de nouveaux coûts, comme notamment la garde d’enfants le dimanche. Cela nécessitera l’ouverture de crèches, de centres aérés pour les parents qui n’ont pas les moyens de se payer une garde d’enfants. Paris aura à sa charge d’assumer les conséquences sociales d’une telle décision et par conséquent le coût qui s’y rapporte.

Le groupe Communiste-Front de Gauche maintient sa détermination contre l’extension du travail le dimanche et de nuit et continuera à se mobiliser aux côtés des salariés.

Danièle Premel - Conseillère de Paris - Conseillère du 18ème
Nicolas Bonnet-Oulaldj - Président du groupe des élu-e-s Communiste - Front de Gauche du Conseil de Paris - Conseiller du 12ème arrondissement de Paris
Didier Le Reste - Conseiller de Paris – Conseiller du 10ème arrondissement

Publié le

26 septembre 2014

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