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La CRC et la droite préfèrent les chiffres aux parisien-es... qui le leur rendent bien

Nous avons débattu du dernier rapport en date de la cour régionale des comptes. Une fois encore, la droite apporte la preuve qu’elle accorde plus d’importance aux chiffres qu’à la réponse des besoins des parisien-nes. La Ville créée des logements sociaux, des places en crèches, des équipements publics et nous nous battrons pour que cela continue.

Retrouvez l’intervention de Danièle Premel.

Madame la Maire, mes chers collègues,

Encore une fois, nous constatons que nous n’avons pas la même conception des finances publiques que la cour des comptes. Cela s’explique sûrement par le fait que cette juridiction ne regarde que les comptes et ne s’intéresse à aucun moment à la réalité, aux inégalités sociales, à la montée de la précarité et à l’émergence des nouveaux besoins des parisiennes et des parisiens. La Cour Régionale des Comptes se moque que les parents ne puissent pas travailler car ils n’ont pas de mode de garde. La Cour Régionale des Comptes se moque du fait que le logement soit la première préoccupation des parisiens. Que 20% des ménages en Île de France vivent dans un logement en surpeuplement. Alors bien sûr, nous qui sommes des élus locaux sérieux, réalistes et à l’écoute des besoins, nous sommes une cible de choix pour cette institution hors du temps.

Ce qui est plus inquiétant, c’est que nos collègues de droite paraissent vivre dans ce même monde abstrait de la finance. Ils devraient d’ailleurs y repenser en constatant qu’ils perdent élections après élections à Paris depuis 15 ans. Ce désintérêt de la droite pour la population explique aussi que, quand les parisiens ont choisi la gauche en 2001, la Ville a dû investir pour rattraper le retard accumulé en termes d’équipements public. Il faut dire qu’en 2001, à part dans l’arrondissement de Monsieur Tiberi, il était compliqué de trouver une place en crèche pour ses enfants.
Alors oui, depuis 2001 la Ville de Paris a beaucoup investi pour le service public. La Ville de Paris a beaucoup investi pour la Culture, pour la petite enfance, pour le logement social. La Ville a beaucoup investi dans les quartiers populaires de l’est de Paris qui avaient longtemps été oubliés par la droite. Conséquence logique, l’encours de la dette a augmenté de 77 % entre 2008 et 2014. La droite aurait sans doute préférée une meilleure santé financière. Mais les parisiennes et les parisiens ont fait leur choix et nous ont réélu en 2008 et en 2014, signe que nous devons répondre bien mieux à leurs attentes.

La Ville de Paris va donc continuer à investir, nous accélérons même le rythme d’investissement sous cette mandature en faisant du logement notre priorité. Cette politique ambitieuse du logement, première préoccupation des parisiens, s’exprime notamment au travers des conventionnements d’immeubles. Cette politique nous a permis de moraliser le parc social mais aussi de développer l’offre, principalement dans le centre et l’ouest parisien. C’est peut-être aussi cela qui dérange profondément la droite. Mais les locataires, eux, ne s’en plaignent pas. Les conventionnements permettent aux bailleurs de réaliser des travaux de réhabilitation important tout en maintenant des loyers à des niveaux acceptables.

Reste la question de la comptabilisation des loyers que nous versent les bailleurs sociaux au titre de ces conventionnements. Les possibilités ouvertes par le décret du 27 novembre 2015 ont permis d’afficher un relatif équilibre des dépenses et des recettes pour l’année 2016. Mais nous pensons qu’il y d’autres solutions, bien plus pérennes, pour équilibrer notre budget. Nous en avons déjà parlé quand nous avons adopté le vœu que présenté par mon groupe sur les nouvelles recettes. Nous proposons d’instaurer à Paris une fiscalité intelligente qui fait contribuer la spéculation immobilière. Car c’est là le principal problème des parisiens, les prix de l’immobilier ont explosé de 150% en 10 ans. Nos propositions de taxation des résidences secondaires, des logements vacants et des plateformes de location en ligne permettraient à la fois de casser les reins de la spéculation et de répondre, dans l’immédiat, à l’enjeu budgétaire auquel nous devons répondre. Nous avons franchi un premier pas en rehaussant le taux des droits de mutation, mesure que les élu-es communistes ont demandé dès le premier conseil de Paris de la mandature. Nous devons maintenant instaurer un rapport de force avec l’Etat pour que ces taxes soient adaptées au contexte parisien et puissent jouer pleinement leur rôle.

Je vous remercie.

Publié le

15 juin 2016

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