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Paris aide les kiosquiers

Danièle Premel a rappelé la souffrance des kiosquiers. Beaucoup d’entre eux travaillent jusqu’à 80h par semaine pour tout juste gagner le SMIC, voire moins. Leurs conditions de travail sont éprouvantes : exposés au froid et à la chaleur dans des espaces exigus sans sanitaire, les kiosquiers doivent être aidés pour poursuivre leur activité au combien nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie. C’est ce que la Ville s’est engagée à faire. Retrouvez l’intervention.

Madame la Maire,
Mes chers collègues,

La délibération que nous examinons complète habilement celle que nous avons vue sur la conception des nouveaux Kiosques.

Les kiosquiers nous l’avons dit sont un maillon indispensable dans la diffusion de la presse.

De la copie remise par le journaliste, à la mise en page, l’impression, la diffusion et enfin la vente tout s’emboîte pour que nous soyons informés et que nous puissions nous faire notre opinion. C’est la garantie de la liberté de choix et du pluralisme.

Le système que nous avons est hérité de la Libération est conçu pour qu’il y ait coopération entre les différents éléments qui font que le journal du matin, le journal dans toutes les mains, soit une gageure, un miracle cent fois renouvelé.

Bien sur il y a des entorses. Nous préférerions qu’il n’y ait qu’une coopérative de diffusion plutôt que deux. Bien sur nous ne sommes pas favorables à la banalisation de la vente de la presse à la caisse du supermarché ou de la boulangerie. Le Kiosquier, le marchand de journaux sait ce qu’il vent. Il conseille, commente parfois. Il est un animateur de l’espace public.

En un mot il est irremplaçable.

Le Kiosquier depuis la disparition de nombre de marchands de journaux de quartier a désormais, hors les gares, un quasi-monopole de diffusion de la presse.

Son lieu de travail est son lieu de vie. Le nombre d’heures effectuée, sa disponibilité permanente fait qu’il a besoin de nettes amélioration du kiosque, je n’y reviens pas.
Mais quant à ses revenus, nous savons bien que ce n’est pas dans la vente de journaux que l’on fait fortune. C’est le moins que l’on puisse dire.

Les deux aides mises en place par la ville de Paris, vont en partie améliorer la situation pécuniaire des Kiosquiers.

La première parce qu’en centrant cette aide sur la vente de la Presse elle réinstaure le journal au cœur du métier de Kiosquier.

Elle est progressive et permet à des Kiosquiers qui sont dans des quartiers de faible achalandise de voir leurs revenus progresser sensiblement.

Il faudra tout de même faire une évaluation du dispositif, car certains Kiosquiers bien installés vivent peu de la vente de la presse mais plus et mieux de la vente des produits touristiques et de la confiserie.

Et il faudra examiner leurs revenus dans leur ensemble. La part de la presse doit rester centrale, mais faisons attention que, comme dit l’expression populaire : il ne pleuve pas toujours où c’est mouillé.

Il faudra aussi voir si l’aide versée trimestriellement est un bon tempo. Les charges des Kiosquiers étant elles massivement mensuelles.

De plus nous saluons l’aide à l’installation de 2000 euros. Elle permettra la mise en place d’un fonds de roulement, car démarrer ou redémarrer un kiosque n’est pas aisé. Il faut recréer l’habitude.

Mais si la ville va au bout de ses compétences, il convient d’envisager une évolution du statut des Kiosquiers, qui souhaitent avoir la possibilité de choisir un autre statut que celui de travailleur indépendant.

Nous ne devons pas balayer d’un revers de main cette revendication.

Voilà pourquoi nous avons demandé la création d’un groupe de travail pour y réfléchir.
Nous ne nous substituons pas au législateur, mais à partir du moment où 50% des kiosques en France sont dans la capitale nous avons un devoir à leur égard.

J’espère que vous aurez un accueil bienveillant pour cette proposition.

Je vous remercie.

Publié le

18 mai 2016

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