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La mixité est une condition de la réussité éducative

Nicolas Bonnet Oulaldj rappelle qu’avec cette délibération c’est la société de demain que nous voulons construire. Une société où les enfants se mélangent, pas une société de l’entre-soi.

Retrouvez son intervention

Merci à tous. Je remercie d’abord Carine PETIT du groupe "Génération.s", Fatoumata KONÉ, Rémi FÉRAUD, Laurence GOLDGRAB qui apportent leur soutien à notre projet, et évidemment à Patrick BLOCHE.

Je voudrais surtout remercier une personne. C’est Jean-Noël AQUA qui a eu cette idée et qui a impulsé, il y a un an par un vœu, la proposition de l’Observatoire parisien de la mixité sociale et de la réussite éducative qui nous permet aujourd’hui aussi d’avancer sur ce sujet.

Je voudrais dire et reprendre ce qu’a dit Patrick BLOCHE. Notre souci est simple, c’est la réussite éducative pour tous les gamins et la mixité sociale, selon tous les chercheurs, est l’une des conditions à cette réussite éducative. Voilà pourquoi, quand on donne de l’argent public et de l’argent public que l’on donne à égalité en respectant la loi, que ce soit à un établissement privé ou public, on est en droit de se demander si cet argent public construit la société de demain en fonction de nos valeurs républicaines, c’est-à-dire l’égalité, la fraternité et la liberté.

Oui, nous avons une idée de la société que nous voulons construire demain. C’est une société où on se mélange, une société où un enfant d’ouvrier, un enfant d’enseignant, un enfant de cadre, un enfant de catégorie supérieure peuvent se côtoyer, et pas une société de l’entre-soi, comme on le voit déjà dans certains établissements. Voilà la société que l’on veut construire et voilà pourquoi nous voulons mettre, au cœur de la réussite éducative, la mixité sociale.

Ce n’est pas que nous qui disons cela et ce n’est pas qu’une question idéologique. J’ai sous les yeux le rapport du CNECSO, Conseil national d’évaluation du système scolaire et que dit-il ? Il dit : "La ségrégation sociale est une bombe à retardement pour la société française. Ce séparatisme social et scolaire à l’école explique les difficultés de l’éducation prioritaire depuis trente ans. Malgré les moyens tout à fait nécessaires distribués dans le cadre de cette politique de compensation territorialisée, malgré l’implication des équipes pédagogiques, ces établissements qui concentrent les élèves à risque sont affectés de plein fouet par les effets dévastateurs de la ségrégation scolaire." Voilà le défi que nous voulons relever.

Evidemment j’ai entendu la droite nous attaquer sur la ségrégation résidentielle. Mais quand nous avons dans cet hémicycle des délibérations qui concernent le logement social et que nous proposons justement de construire des logements sociaux à l’ouest dans des arrondissements très riches, les premiers à s’y opposer, c’est la droite. Je veux bien que l’on nous fasse des leçons sur la ségrégation résidentielle mais ceux qui la défendent, c’est la droite. Et c’est la gauche qui aujourd’hui, notamment par l’intervention de Ian BROSSAT, adjoint à la Maire, construit des logements sociaux dans les arrondissements où il y a le plus de ségrégation.

Je terminerai en disant qu’il y a aujourd’hui des parents qui nous écoutent. Ce que veulent ces parents, c’est se battre justement pour que, dans des collèges où il y a moins de mixité sociale, on ait plus d’attractivité. Quand on compense par cette enveloppe pédagogique, il s’agit derrière de voyages, de matériels pédagogiques, de classes par exemple à dimension culturelle. Et pourquoi pas écologique, car j’ai entendu ce qu’a dit le Groupe écologiste.

Voilà comment on veut redonner de l’attractivité à nos collèges et éviter ce qu’il se passe bien souvent, c’est-à-dire l’évitement scolaire pour aller dans le privé.

Je vous remercie.

Publié le

14 juin 2019

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