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La précarité des étudiant.e.s n’est pas à vendre

Après la Belgique, c’est au tour de la France de subir la campagne de promotion du site RichMeetBeautiful qui incite « les étudiantes » à devenir des « sugarbabies » pour « améliorer leur style de vie » en rencontrant un « sugardaddy ». Le site propose ainsi de mettre en relation des étudiantes avec des hommes plus âgés pour entretenir des relations tarifées.

Les images présentées sur les publicités (poitrine presque entièrement nue, homme embrassant une femme allongée à moitié nue) sont on ne peut plus explicites. Il s’agit de promouvoir la prostitution des étudiantes. Le site s’attend à ce que 100 000 étudiants français s’inscrivent d’ici à la fin de l’année 2017. Environ 75 % des membres devraient être des femmes et 25 % des hommes.

En ratifiant en 1960 la convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui de 1949, la France s’est engagée au niveau international à reconnaître que le proxénétisme est « incompatible avec la dignité et la valeur de la personne humaine ». Toute forme de proxénétisme est illégale et punie par la loi. La loi n° 2016-444 du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées rappelle qu’il est interdit de « solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle d’une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage ».

Profiter de la précarité économique des étudiantes pour les agresser avec une telle publicité est de l’ordre d’une incitation à la prostitution que nous ne pouvons laisser faire. La France ne peut donc tolérer sur son territoire une telle publicité.

A l’heure où les violences faites aux femmes, notamment sexuelles, sont mises en lumière et où les millions de témoignages révèlent l’ampleur du fléau, une telle publicité ne fait que contribuer à la banalisation du viol et des violences sexuelles.

Nous demandons donc l’interdiction de cette publicité.

Publié le

25 octobre 2017