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La propreté, enjeu de santé publique

La propreté n’est pas utile uniquement pour l’image de la Ville, pour son confort, mais elle est aussi et surtout un enjeu de santé publique tant du côté des usagers, des habitants, des touristes que des travailleurs.

Retrouvez l’intervention de Didier Le Reste

Merci, Madame la Maire.

La communication "Objectif Paris propre" fait état dès l’introduction de l’enjeu primordial du débat qui nous anime. Priorité absolue, rôle essentiel, droit fondamental sont ainsi affichés. Il est vrai que la propreté de la Ville constitue une des conditions incontournables d’une véritable qualité de vie tant pour les Parisiennes et les Parisiens que pour les touristes.

Quand on pense à la propreté, on pense de façon invariable à la pollution de l’air, à la pollution visuelle. On peut également penser aux incivilités dont les mégots jetés au sol, aux déchets ménagers et bien sûr à la présence de rats. J’ajoute également que l’insalubrité des chantiers, qui sont nombreux à Paris, contribue à mettre en insécurité les travailleurs et donne une mauvaise image de notre Ville.

Mais en réalité, la propreté n’est pas utile que pour l’image de la Ville, pour son confort, si important que cela puisse être pour une ville comme la nôtre. Mais elle est aussi et surtout un enjeu de santé publique, tant du côté des usagers, des habitants, des touristes que des travailleurs.
La densité de population, la diversité, la nouveauté des usages de notre espace public parisien qui a fortement augmenté depuis le début des années 2000, nous impose de redoubler de vigilance et d’innovation pour assurer la propreté de notre capitale.

Vous l’écrivez, la propreté doit être affaire de coproduction, de transversalité entre les acteurs de la production, de la diffusion, de la distribution, de la vente et des consommateurs. En réalité, c’est bien l’ensemble de tous les acteurs et usagers de la Ville qui sont concernés. Vous parlez notamment de la lutte contre la guérilla marketing, où le commerce publicitaire illégal fait des ravages sur notre espace public. Nous soutenons cet engagement.

Il ne faut pas dramatiser la situation comme certains peuvent s’amuser à le faire pour instrumentaliser tel ou tel débat à des fins de calcul politique. Paris n’est pas la ville la plus propre mais elle n’est pas non plus la plus sale, et des efforts certains sont engagés au quotidien grâce au travail remarquable de l’ensemble des agents que je salue, qui méritent d’être soutenus et d’être dotés des moyens nécessaires à l’exercice de leur mission.

Certes, nous pouvons toujours faire mieux et cette communication s’inscrit dans ce sens. Nous avions déjà proposé l’an dernier à l’occasion du Plan Propreté de créer un nouveau Pacte commun pour la propreté de notre espace public. Notre collectivité doit être motrice pour faire émerger un cadre commun de la propreté nécessitant l’application et la responsabilisation de tous. Il n’a pas vocation à contraindre les activités sur l’espace public mais justement à rendre possible leur développement par l’adoption de règles qui permettent leur cohabitation.

Le souci écologique par le biais de l’économie circulaire rentre également en ligne de compte. La question du réemploi de nos déchets, de leur insertion dans un nouveau cycle d’utilisation devient primordiale. Nous avions salué par exemple l’utilisation des biodéchets pour le monde agricole. La gestion des déchets, le recyclage, la récupération et la réparation présentent un important potentiel de développement. L’utilisation des voies navigables ou ferroviaires comme la petite ceinture aux fins de transporter les déchets dans les usines de traitement et les matériaux pour les chantiers permettraient de limiter les va-et-vient des camions et par extension les embouteillages et les diverses formes de pollution.

L’économie circulaire est un des moyens de construire à notre échelle la transition écologique. C’est pourquoi nous devons aller plus vite dans la création d’un système performant de recyclage des déchets et que nous devons l’inscrire dans une stratégie qui touche tous les niveaux institutionnels. Au niveau parisien, métropolitain, régional comme national, un plan de réutilisation des déchets doit émerger pour inscrire notre modèle de société sur des bases plus saines.

J’ajoute enfin qu’il est nécessaire de réduire le nombre de déchets. En effet, les emballages se multiplient autour d’un produit. Or travailler à moins d’emballages, c’est permettre moins de déchets et moins de travail de traitement de ceux-ci. C’est un des cœurs du problème. Cela peut par exemple faire sourire de savoir que Coca-Cola gère le traitement de ses canettes usagées car il serait plus intéressant de mener une réflexion écologique sur la cannette. Cette nouvelle manière de produire serait plus profitable à l’environnement et aux consommateurs.

Ensemble, la propreté relève bien d’un service public, dont il s’agit de dessiner collectivement les objectifs. Ceux que vous donnez nous conviennent dans la mesure où les moyens financiers et humains leur seront réellement alloués.

Je vous remercie.

Publié le

2 avril 2017

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