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La qualité du service aux usagers passe par la création de postes

La qualité du service aux usagers doit être notre boussole. A l’opposé de la politique de redéploiement mise en oeuvre par la ville, Raphaëlle Primet défend nos amendements proposant des créations de postes à la Direction de la Propreté et de l’Environnement, pour l’Aide Sociale à l’Enfance et à la Direction de la Famille et de la Petite Enfance.

Retrouvez l’intervention de Raphaëlle Primet

Madame la Maire, mes chers collègues,

Amendements DPE, ASE, DFPE

Le gouvernement aura tenu sa promesse jusqu’au bout de son mandat. Je ne parle pas des promesses faîtes à leur électeurs, vous vous en doutez bien, mais des engagements pris devant le MEDEF. François Hollande et Manuel Valls ont tenu leur objectif de réduction de la dépense publique en cassant l’investissement des collectivités et au risque d’épuiser les fonctionnaires. Pour Paris, cet aveuglement s’est traduit par une perte de 600 millions d’euros de dotation globale de fonctionnement en seulement en trois ans.

Cette baisse des dotations a eu des répercussions concrètes sur les agents de la Ville de Paris et sur leur travail au quotidien. Car même si la masse salariale augmente cette année de 2,9 %, c’est sans aucune création d’emploi.
Nous savons que gérer les dépenses de personnel dans ce contexte n’est pas chose facile. Depuis 2010, si les effectifs n’ont pas été suffisamment renforcés, les dépenses de personnel ont par contre connu une croissance de 10%. N’en déplaise à la Droite , cette augmentation est juste et souhaitable. C’est la répercussion budgétaire des progressions de carrière, la prise en compte de l’ancienneté des agents dans leur rémunération et si en plus on adossait les salaires au coût de la vie , nous devrions être bien au-dessus.

Quand on voit certains agents comme ceux du ménage finir leur carrière à la Ville avec 1 700 euros net par mois, on ne peut pas être satisfait. En tout cas, je suis sure que les élu-es de cette assemblée qui réclament la baisse des dépenses de personnel n’accepteraient pas de terminer leur carrière à 1 700 euros par mois.
Parlons des créations de poste : la Ville a juste titre à souhaiter ouvrir de nouveaux et nombreux équipements publics. Les projets se sont multipliés depuis le début de la mandature, du budget participatif au 5000 places en crèches en passant par les appels aux différents projets « réinventer ». Mais derrière l’investissement , le fonctionnement ne suit pas toujours.

Depuis le début du mandat, vos orientations sont claires : il faut limiter au maximum les créations de postes. Et s’il on est oblige de créer des postes, notamment pour , par exemple étendre les horaires d’ouverture d’ un équipement public, des postes doivent être supprimés en nombre égal dans les services. C’est le sens de la politique de reploiement mise en en œuvre par la Ville mais on voit bien que l’on arrive au bout de cette logique.

C’est le sens des amendements du groupe qui proposent des creations de poste qui iraient dans le bon sens. D’abord , 20 postes supplémentaires d’éboueurs à la DPE indispensable pour une ville plus propre et une égalité entre tout les quartiers . Nous demandons aussi le renforcement des volets de remplacement sur deux secteurs à forte pénibilité : les crèches et les secteurs de l’Aide Sociale à l’Enfance. Les travailleuses des filières sociales et médico-sociales exercent des métiers physiquement et moralement difficiles qui entraine un taux d’absentéisme relativement plus élevé qu’ailleurs. C’est d’ailleurs un cercle vicieux moins il y a de remplaçant plus les conditions de travail sont dégradées, plus le travail est penible et entraine des absences ... Dans les crèches ou à l’ASE, nous retrouvons des corps de métiers très majoritairement féminins qui sont amenés à prendre des congés maternité. Quoi de plus normal et de plus légitime mais cela suppose de le prévoir dans la gestion de service .

Voilà pourquoi nous proposons de renforcer les brigades de remplacement de ces deux services. Ce volet est expérimenté dans les crèches depuis des années et il a fait preuve de toute sa pertinence. Il faudrait maintenant développer le même dispositif à l’ASE et dans les services sociaux même s’il n’y a pas de normes obligatoirement d’encadrement.

Dans la politique des ressources humaines de la ville nous voyons que la priorité de l’emploi est donné aux postes d’ agents qui interviennent face au public au detriment de ceux qui, dans les coulisses, assurent le bon fonctionnement de l’ensemble. Nous pensons au contraire que la qualité de service aux usagers est directement liée au bon fonctionnement et à l’efficacité des missions de support. Comment voulez-vous délivrer un bon service aux usagers alors qu’ils n’arrivent même pas à joindre leur responsable UGD pour obtenir des réponses sur leurs conditions de travail ?

De même comment voulez-vous qu’un travail de qualité soit mené si les agents ont un accès difficile à la médecine du travail ? Il y a tellement de postes vacants chez les médecins que le comité médical, l’instance qui accorde notamment les mi-temps thérapeutique, n’arrive plus à se réunir régulièrement. Du coup, des agents au bout du rouleau sont maintenus à leur poste pendant des mois alors même que leur état de santé a été reconnu problématique. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autre mais il montre bien que l’on ne pourra pas continuer à mener la politique de redéploiement indéfiniment sinon les défaillances vont se multiplier.

Dans ce contexte, les personnels ont le sentiment que l’exécutif et les directions générales ne les écoute pas . Ce manque de considération est flagrant quand l’ensemble des organisations syndicales votent contre le budget emploi en CT central et qu’on leur ressert la même copie une semaine après. Il ne suffit pas de remercier le personnel dans les discours , les agents attendent plus de dialogue et surtout des actes.

Je vous remercie.

Publié le

14 décembre 2016

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