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La réforme du baccalauréat instaure une rupture d’égalité

Nous ne voulons pas d’un service public de l’éducation morcelé, qui selectionne. C’est ce qu’initie la réforme du baccalauréat proposée par le gouvernement.

Retrouvez l’intervention de Jean-Noël Aqua

Par notre vœu sur le baccalauréat, nous voulons souligner la nocivité de la réforme actuelle menée au pas de charge par l’actuel gouvernement contre ce diplôme, et de façon plus générale contre le service public.

La philosophie du texte est flagrante. Derrière la série de mesures, toutes présentées comme « techniques », se profile un réel objectif de détricotage du service public national, au profit d’un service d’éducation morcelé.

Un système d’éducation qui sélectionne de plus en plus jeune ses élèves vers des formations spécifiques. L’ambition pour une formation générale est abandonnée. L’ambition pour la formation de citoyens éclairés sur tous les enjeux de nos sociétés si complexes passe elle par perte et profit. Et quant au développement des individus, par l’accès à un savoir original, non immédiatement utile, lui, est écrasé par les objectifs sur l’autel des profits immédiats.

Nous le savons désormais, cette réforme transforme l’examen du baccalauréat en diminuant le nombre d’épreuves terminales, pour les remplacer par des épreuves en contrôle continu organisées par chaque lycée. Les enseignants seront alors contraints de corriger leurs propres élèves, ce qui introduit une rupture manifeste dans l’égalité entre les élèves.

Les notes dépendront donc maintenant du lycée dans lequel les élèves passeront leur diplôme, la valeur des notes dépendra alors de la réputation du lycée dans lequel le diplôme aura été obtenu, les lycées et leurs élèves des quartiers populaires risquant d’être grandement pénalisé-e-s.

Sachant que l’orientation des élèves dans les lycées dépend grandement de leur lieu de résidence et donc de leur situation sociale. Sachant que la dotation horaire globale des établissements diminue, il est illusoire de penser que tous les lycées pourront proposer une offre équivalente de formation. La concurrence entre les établissements sera très probablement renforcée par cette réforme.

Pour toutes ces raisons, nous voulons interpeller les pouvoirs publics, pour signaler le fait que la réforme du baccalauréat et des lycées menace le caractère national de ce diplôme et introduit une rupture d’égalité pour les futurs bacheliers.

Publié le

22 mars 2018

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