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Le cadeau encombrant de Jeff Koons

Raphaëlle Primet affirme qu’elle n’a pas a contester la volonté de Jeff Koons d’offrir une sculpture à Paris, et encore moins ce qui le motive, le souvenir des victimes des attentats. Le financement par mécénat peut être dénoncé, les polémiques que l’oeuvre engendre peuvent être regrettée, mais nous ne refuserons pas cette oeuvre.

Retrouvez l’intervention de Raphaëlle Primet...

Je ne suis pas critique d’art. Je conçois que l’on puisse aimer ou pas les œuvres de KOONS. Je n’ai pas contesté la volonté de l’artiste d’offrir une sculpture à Paris, et encore moins ce qui le motive, le souvenir des victimes des attentats.

Ce qui dérange, c’est l’entre soi, un artiste dont la cote est liée à chacune de ses interventions et à la force de la polémique qu’elle engendre : des entreprises qui vont financer la construction et l’installation mais dont les patrons sont aussi des mécènes. Ils vont gagner deux fois.

La première, c’est que leur acte de mécénat va en fait coûter à la collectivité puisqu’il s’agit d’utiliser la niche fiscale de la loi Aillagon. C’est un cadeau que nous paierons toutes et tous.

La seconde, c’est aussi un investissement et une source de revenus pour eux puisque l’œuvre de KOONS à Paris aura un impact sur sa cote.

Mais nous ne voterons pas les vœux qui rejettent l’œuvre. C’est l’omniprésence du mécénat et sa dictature dans les choix esthétiques et aussi économiques qui me gênent, pas l’œuvre en elle-même, comme le choix imposé à la Ville du lieu qui n’est pas forcément ni le meilleur, ni le moins cher.

Je vous remercie.

Publié le

7 février 2018

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