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Les 4 saisons solidaires : Pour une alimentation saine, de qualité et moins chère

Notre engagement de campagne se concrétise aujourd’hui avec l’adoption de notre délibération « les 4 saisons solidaires ». Ces halles alimentaires, dont les premières verront le jour dans les 10e et 14e arrondissements, seront approvisionnées par des circuits courts solidaires des producteurs et des consommateurs pour répondre aux enjeux de santé publique et de solidarité avec le monde agricole.

Retrouvez l’intervention de Fanny Gaillanne

Madame la Maire, mes chers collègues,

La Ville de Paris développe depuis des années des politiques publiques qui ont trait à l’alimentation. Je pense aux actions sur l’aide alimentaire, qu’elle soient municipale ou associative, ou à la restauration collective notamment dans les écoles.
La Ville et les pouvoirs publics ont également développé d’autres types d’actions liées à la nutrition, je pense au programme Paris Santé Nutrition. Plus récemment, nous avons adopté un plan pour l’alimentation durable, piloté par Célia Blauel, nous sommes également signataire, depuis octobre 2015, du Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan qui traite de l’alimentation sous ses dimensions environnementales, sociales et économiques.

Il nous a paru nécessaire de nous inscrire dans cette dynamique collective pour continuer à développer une politique publique de l’alimentation saine et abordable pour tous. Cela fait des années que nous avons pris conscience du lien très étroit qui lie notre alimentation à notre état de santé. Un nombre croissant de consommateurs et de producteurs ont fait comprendre aux pouvoirs publics l’intérêt de protéger puis de développer des modes de production plus respectueux de l’environnement qui permettent de se nourri sainement. La multiplication des labels et des certifications d’agricultures biologiques en témoignent.

C’est à partir de ces constats qu’il nous a semblé important d’élargir le spectre de nos préoccupations pour répondre à des insuffisances quant aux politiques publiques liées à l’alimentation.

Notre première préoccupation a trait aux producteurs qui sont confrontés à de grandes difficultés financières. Nous le savons les professions agricoles sont en souffrance. Cette crise s’explique grandement par les difficultés économiques auxquelles les producteurs doivent faire face. Au fur et à mesure que la grande distribution et ses centrales d’achat se sont développées, les marges des producteurs se sont réduites de manière dramatique. En tant qu’élu-es parisiens, nous sommes relativement éloignés de cette réalité sociale extrêmement dure. Par ailleurs, nous ne disposons pas nécessairement des compétences pour répondre à cette problématique. Mais cela n’empêche que nous sommes préoccupés par le sort des producteurs agricoles qui assurent notre subsistance alimentaire et avec lesquels nous sommes très fortement liés par nécessité vitale. Voilà pourquoi nous avons souhaité réfléchir au développement d’une offre alimentaire en milieu urbain qui se donne comme objectif de rémunérer les producteurs agricoles de manière plus juste et équitable.

Le deuxième constat qui nous a poussé à proposer cette délibération est bien plus directement liée à notre quotidien : nous remarquons que tout le monde n’a pas accès à une alimentation saine et de qualité. Une simple visite dans un commerce qui propose des produits de qualité, issus de l’agriculture biologique par exemple, suffit à s’en apercevoir. Les prix de vente, souvent prohibitifs, ne permettent pas aux personnes à revenus modestes d’acheter des produits sains et de qualité. D’autre part, la localisation de ces magasins montre bien qu’ils ne s’adressent qu’

Ces inégalités économiques, sociales et territoriales entretiennent des liens très forts avec les modes d’alimentations ou avec le type d’aliment consommés et qui ont un impact direct sur l’état de santé des populations. Une étude de l’INSERM a par exemple démontré :
 Que 30% des ménages qui bénéficient des minimas sociaux sont également en situation d’insécurité alimentaire.
 Que 14,4% des habitants des quartiers ZUS sont touchés par l’insécurité alimentaire contre 5,3% dans les autres quartiers.

C’est pour répondre à cet enjeu de santé publique et contribuer à la réduction des inégalités sociales et territoriales que nous vous proposons de créer un dispositif que nous appelons « les 4 saisons solidaires ».

Ce dispositif se fixe comme objectif d’encourager les initiatives qui cherchent à répondre à ces enjeux. D’abord en aidant les porteurs de projets à accéder à des locaux dans les quartiers politiques de la Ville ou aux abords. Le futur GIE chargé de la gestion des pieds d’immeuble sera sollicité pour travailler sur ce volet du projet qui pourrait consister en des aides à l’investissement et l’application de loyers négociés. Nous proposons aussi d’aider au développement de véritables programmes d’accompagnements éducatifs pour que les gestionnaires puissent travailler avec les services de la Villes, avec les écoles, avec les partenaires associatifs. Ces propositions sont un socle sur lequel planchera le groupe de travail que nous proposons de créer. Les mairies du 10e et du 14e se sont déjà engagées sur cette voie. Le 20e accueillera bientôt un équipement similaire. Il faudra bien entendu que la Ville accompagne et soutienne ces projets pour qu’ils puissent atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, si vous votez favorablement à cette proposition de délibération, ce que j’espère.

Publié le

7 juillet 2016

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