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Les algorithmes de Parcoursup doivent être publiés

Suite au scandale des affectations opaques du nouveau système Parcoursup, Nicolas Bonnet demande que la maire plaide auprès du rectorat pour que les algorithmes locaux mis en place par les établissements d’enseignements supérieurs parisiens soient publiés. Il en va de la transoarence de l’action publique.

Retrouvez son intervention et le voeu du groupe

Madame la Maire,

Je ne reviendrai pas sur les impasses et la violence sociale de la concurrence généralisée de la loi O.R.E., on en a largement parlé.

Je ne reviendrai pas sur les aberrations concrètes du fonctionnement du dispositif "Parcoursup" dont on vient de parler, il y a quelques instants.

Notre vœu porte sur un aspect de détail de l’algorithme "Parcoursup", malheureusement révélateur de la philosophie du Gouvernement et de la loi sur la sélection.

Certains doivent le savoir tant de par la loi sur la République du mérite d’octobre 2016 que par le règlement de la R.G.P.D. : nous sommes dans l’obligation de publier les algorithmes et dans la prise de décision concernant des individus.

Pourquoi s’attacher à cette question ? Pour deux raisons. La première concerne les étudiants. Il est intolérable pour eux et il est incompréhensible que leur avenir soit dans les mains d’une machine non contrôlée. Au vu des aberrations du dispositif, c’est certainement légitime qu’ils comprennent les rouages de la machine qui les avale.

La deuxième question, c’est que les algorithmes révéleraient toute l’aberration du système. Quelles notes comptent ? Comment sont pondérées les notes d’un lycée à un autre ? Pourquoi et comment sont distingués les lycées parisiens de ceux de la banlieue, puisque c’est le cas ? Comment sont prises en compte les lettres de recommandation ? Comment sont prises en compte les appréciations des professeurs ?

Les tambouilles internes varient d’une université à l’autre, d’une faculté à l’autre, parfois d’une U.F.R. à une autre. C’est injustifiable. On passe à la moulinette des fluctuations locales, la volonté d’apprendre des jeunes.

Face à la demande de publication des algorithmes, la Ministre de l’E.S.R. a cédé sur la publication de l’algorithme national. C’est une première victoire, mais sans les algorithmes locaux des universités, cela ne sert à rien.

Lors de sa campagne, le Président nous promettait la transparence de l’action publique. Pourquoi ne résiste-t-il pas tant à la mettre en pratique sur le sujet si important qui concerne des centaines de millions d’étudiants ? Aurait-il peur qu’en soulevant le tapis, on découvre tout l’arbitraire du système ?

Par notre vœu, nous demandons le minimum, à savoir que la Ville de Paris, si concernée par l’enseignement supérieur et l’avenir des dizaines de milliers de nouveaux lycéens, plaide auprès du Rectorat pour la publication d’algorithmes locaux. J’aurais envie de dire : en marche pour la transparence.

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Publié le

13 juin 2018

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