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Les clubs sportifs parisiens doivent s’engager contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport

Suite aux révélations de violences sexuelles à l’encontre de patineuses de la part de leurs entraîneurs alors qu’elles étaient mineures, Nicolas Bonnet Oulaldj demande que la ville de Paris prenne des mesures fortes.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire, mes chers collègues,

La ministre des sports reçoit aujourd’hui le président de la fédération des sports de glace, suite aux révélations de violences sexuelles et de viols de patineuses de haut niveau de la part de leurs entraîneurs alors qu’elles étaient mineurs. Certains d’entre eux ont exercé au sein du club parisien des « Français Volants » et l’un d’eux, Gilles Beyer y était encore la semaine dernière l’un des principaux dirigeants, alors qu’il avait été radié en 2001 des cadres techniques du Ministère de la Jeunesse et des Sports pour des faits identiques révélés il y a quelques temps.

Je salue le courage de ces victimes, toutes ces femmes qui prennent la parole pour que cesse l’omerta. Nous le savons ces violences sexuelles et viols dans le sport existent depuis longtemps, il y a déjà 20 ans Isabelle Demongeot, joueuse de tennis avait dénoncé les viols commis par son entraîneur, et Catherine Moyon de Baecque, lanceuse de marteau, avaient été violée par plusieurs membre de l’équipe de France en 1991.

Face à ce fléau et l’omerta qui règne dans le sport autour de ces violences, je pense, comme le dit très bien l’ancienne Ministre de sports Marie-George Buffet dans un interview au parisien, que nous devons prendre des mesures fortes dans toutes les instances, que ce soit dans nos relation avec les fédérations mais aussi avec les clubs locaux.

Si nous prenons l’exemple de l’association de patinage artistique « les Français volants » dans laquelle a sévi « Monsieur O », la ville de Paris la subventionne à hauteur de 90 000€ par an, et nous avons une convention triennale d’objectif. Cette convention d’objectif, signée en fin d’année dernière, ne comporte aucun volet de sensibilisation sur les violences faites aux femmes, ni aucunes des orientations insufflées par la ville. Nous ne pouvons que le regretter aujourd’hui.

Pourtant le 27 novembre 2017, la ville de Paris a lancé un travail pour repérer et dénoncer les violences faites aux femmes dans le sport.
Une fiche projet a même été rédigée par l’observatoire des violences faites aux femmes dans laquelle il est préconisé plusieurs mesures :
1) L’élaboration d’un guide méthodologique de prévention des violences dans les structures sportives pour les encadrants et les partenaires des Jeux Olympiques.
2) Un module de formation sur la prévention des violences sexistes et sexuelles.
3) Un soutien financier aux projets de reconstruction par le sport des victimes de violences.
4) Un lieu d’écoute et de ressources pour les femmes en cas de sentiment d’insécurité et d’agression.
5) Des règlements précis pour que cela ne se reproduise pas, affichés dans les équipements de la ville, vestiaires, douches, et sur les contacts physiques entre entraîneurs et athlètes et le processus pour intervenir face à des comportements générateurs de violence.
6) En cas de violence ou viol, les associations et la ville ont l’obligation de signalement auprès du procureur de la République.

76 % des athlètes qui reconnaissent avoir subi des violences sexuelles en ont parlé à leur entourage, 50% dans le 24 heures qui ont suivi, 85% dans le mois qui a suivi. Mais c’est d’abord à leur ami-e que les jeunes filles se confient et par forcement à un adulte, car il faut admettre que 80% de l’environnement dans le sport est masculin de l’entraineur au dirigeant en passant par le docteur ou le kiné. D’avantage de femmes dans le monde sportif à des postes de responsabilité, entraîneuse, dirigeante ou présidente doit être une priorité.
Enfin la perspective des Jeux Olympiques nous inquiète car qui dit Jeux Olympiques dit médailles et donc une pression accrue au sein des fédérations.

Nous demandons qu’une Inspection Générale soit diligentée. Elle permettrait d’identifier les problèmes structurels du club qui ont permis à ces hommes d’en être encore aujourd’hui les dirigeants. Les conclusions de cette inspection pourraient nous servir à amender et enrichir les conventions d’objectifs avec les clubs et plus largement les différentes autres conventions d’objectifs que la ville sera amenée à passer à l’avenir.

Madame la Maire, face à ces révélations, que compte faire la ville pour que cessent ces violences inadmissibles, et que leurs auteurs n’exercent plus dans des structures sportives que nous subventionnons ?

Je vous remercie.

Publié le

4 février 2020

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