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"Les places de Paris des lieux marqués par l’Histoire du mouvement populaire"

En novembre, nous avons fait adopter un vœu afin que soit prévue dans le réaménagement des places de la Bastille et de la Nation des plaques informant de l’histoire de leur création. Lors de ce conseil, nous avons voté une délibération sur les questions des futurs aménagements des places de Paris. Nous avons rappelé que la place est le lieu même du débat, de l’échange et de la participation. Nous ne manquerons pas d’être force de propositions.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet-Oulaldj

Madame la Maire,
Mes chers collègues,

Notre groupe est très sensible aux questions d’aménagement des places parisiennes, parce que ce sont, pour certaines d’entre elles, des lieux marqués par l’Histoire du mouvement populaire. La place de la Bastille, par exemple, restera à jamais associée à la révolution française.

Il convient que dans les aménagements futurs on n’oublie pas de mettre en évidence l’histoire de ces lieux et que l’on rende visibles et accessibles les vestiges, s’il en reste, de leur glorieux passé ou des monuments commémoratifs qui les ornent. C’était le sens du vœu que nous avons fait adopter au conseil de Paris en novembre dernier.

Mais nous ne sommes pas des conservateurs patrimoniaux et nous souhaitons que ces places vivent au rythme de la vie quotidienne des parisiennes et des parisiens, tout en sachant accueillir des évènements exceptionnels : manifestations artistiques ou sportives, rassemblements sociaux, citoyens, politiques et militants.
La place est par essence un lieu mixte.

Ces places ont subi de nombreuses transformations, mais, trop souvent la circulation automobile a été le mètre étalon de leur évolution. Ou alors leur extrême minéralisation, je pense à la place des fêtes, les rend peu accueillantes.

La diminution de l’espace réservé aux piétons, la raréfaction de la végétalisation ont amené un recul de l’appropriation de ces lieux par les parisiennes et les parisiens.

Madame la Maire, vous avez lancé en grand cette consultation et nous souhaitons que tous les usagers de ces places, parisiens ou non puissent exprimer leur point de vue et formuler leurs propositions.

La place de la République ou le parvis de l’hôtel de ville conjuguent plusieurs aspects positifs, elles ont réussi à être à la fois un lieu de vie quotidienne mais aussi un lieu où s’exprime l’engagement citoyen des parisiennes et des parisiens. Il est aussi le lieu légitime de manifestations syndicales ou politiques qui rythment la vie de notre cité.
La place est la fille de l’Agora Athénienne, qui reprend tout son sens en ces jours graves pour le peuple grec, du forum romain ou plus récemment des mouvements qui ont marqué l’actualité en Espagne, aux états unis et en Allemagne, sans compter l’Égypte ou encore la place Taksim en Turquie.

La place est le lieu même du débat, de la participation, de l’échange.

Il nous faut donc dans les aménagements que nous allons prévoir envisager tous les scénarios, tous les usages.

Du café que l’on prend, à la partie de boules que l’on organise, la place doit redevenir un lieu pour les femmes, les hommes les enfants et les personnes âgées, plutôt que pour la voiture.

Ces places doivent aussi permettre une expérimentation pour qu’elles soient exemplaires en matière d’accès des personnes porteuses de handicaps. Je pense à la place de la Bastille, pour laquelle un projet en direction des déficients visuels aurait été envisagé, en lien avec la proximité de l’Hôpital des Quinze-vingt.

Dans le même temps, les remarques que nous avons faites sur les aménagements des berges valent aussi pour les aménagements des places et une étude sérieuse sur les reports de circulation doit être adossée à chaque projet. Nous devons aussi travailler à la place des transports collectifs et des moyens de circulation douce.
Pour conclure, je souhaite aussi que l’on écoute les usagères. La place, comme tout lieu public, a été conçue par et pour les hommes. Perdure un espace public qui s’est construit au masculin et la réflexion menée par ma camarade Hélène Bidard avec des urbanistes sur cette question mériterait d’être mise au pot commun.

Vous l’avez compris, nous voterons cette délibération, nous serons force de proposition pour que les 30 millions d’euros prévus, puissent être utilisés au mieux.

Nous pensons tout de même que nous aurions pu aller plus loin en crédit d’investissement. Mais nous en reparlerons certainement projet par projet quand ceux-ci arriveront à maturation.

Je vous remercie

Publié le

3 juillet 2015

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