Rechercher sur le site

Mettre en valeur la création architecturale parisienne

Nicolas Bonnet Oulaldj intervient sur la délibération restaurant le "concours des façades" à Paris qui tend àvaloriser l’originalité et la création architecturale parisienne.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Madame la Maire,
Monsieur le président Azière,
Mes chers collègues,

Vous citez à juste titre dans l’exposé des motifs de votre délibération, l’article 1 de la loi de 1977, qui fête ses 40 ans et qui précise que « l’architecture est une expression de la culture ».

Je ne peux être que d’accord avec cette définition, même si comme le cinéma, l’architecture est aussi une industrie culturelle, car elle fait vivre bon nombre d’architectes mais aussi d’entreprises qui traduisent dans la réalité l’imagination des architectes.

L’idée de relancer ce concours est une excellente idée car elle met en évidence ce qui n’aurait jamais dû cesser d’être, valoriser l’originalité et la création architecturale parisienne.

Construire vite et à l’économie a, à partir des années 50, énormément banalisé l’espace urbain. Même si Paris aimé et reconnu pour son unité n’a jamais cessé d’inventer et d’innover au plan architectural. Nos ancêtres et nous-mêmes n’avons jamais voulu d’une ville musée, figée dans l’histoire, mais au contraire, ils, nous avons voulu une ville vivante, où de grandes œuvres architecturales ont continué de transformer notre ville lui permettant de garder une attractivité touristique forte.

Contrairement au continent nord-américain qui a tendance à détruire puis à reconstruire, nous avons fait le choix de la subtilité, d’une ville qui bouge tout en sachant garder des traces de chaque strate de son histoire.

Hausmann a standardisé les rues et les façades mais l’idée du concours en 1898 était bien de permettre que l’art nouveau puis l’art déco prennent leur place dans l’espace urbain. C’est une belle chose car nous avons ainsi des immeubles remarquables dont les façades sont, elles-mêmes des œuvres d’art. Vous citez à juste titre la rue Réaumur mais je pense aussi à nombre d’immeubles dans le 9 ème arrondissement non loin de la rue Lafayette ou bien encore rue Blanche ou rue Pigalle.

Nous souffrons dans les métropoles mondiales d’une standardisation rampante. Cela est vrai pour les immeubles comme pour les enseignes commerciales aux pieds de ceux-ci.

Nous ne voyons parfois plus la beauté d’un immeuble, tant celle-ci est gâchée par les codes couleurs ou le lettrage de telle ou telle grande marque. Il nous faudrait à terme peut être réfléchir aussi à une adaptation, à des contraintes plus strictes quant aux négoces de même enseigne, selon les quartiers où ils s’installent.

Mais la proposition que vous faites permettra à terme que l’on puisse mettre en valeur des façades remarquables, tant par les matériaux utilisés que par sa végétalisation ou même l’apport d’artistes mosaïstes, vitraliers, peintres, ferronniers ou d’autres métiers d’art dont notre capitale peut s’enorgueillir.

Sans vouloir tout ramener au fabriquer à Paris, il me semble que nous pourrions proposer que l’un des critères du futur concours soit le recours à des artistes ou artisans parisiens….

Mais comme vous le précisez à juste titre la standardisation et l’homogénéisation des façades vient aussi de contraintes budgétaires. Le soin apporté aux façades passe après le confort des appartements, il faudrait donc une incitation financière qui lèverait certainement les réticences des promoteurs publics ou privés, car je suis certain que du côté des architectes ou des artistes votre proposition soulèvera l’enthousiasme.

Nous voterons donc votre délibération et nous serons heureux de participer auprès de Jacques Baudrier le conseiller délégué à l’architecture à l’élaboration du futur règlement du concours.

Je vous remercie

Publié le

9 mai 2017

Auteur-e-s