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Le Plan Local d’Urbanisme illustre les choix politiques d’une collectivité

Nicolas Bonnet Oulaldj a insisté sur les 240 nouvelles réserves de parcelles pour la création de logement social. Il a salué la création d’équipements de logistique urbaine, tout en soulignant l’importance d’espaces de production industrielle suite à la MIE « Fabriquer à Paris ». L’amendement du groupe sur la création d’équipements culturelles sportifs et jeunesse dans le futur mandat confirme l’engagement de nos élus pour l’investissement dans les quartiers populaires.

Retrouvez son intervention

Madame la Maire,
Mes cher-es collègues,

Je débuterai en vous lisant une citation :
« Le capitalisme a trouvé une inspiration nouvelle dans la conquête de l’espace, en termes triviaux, dans la spéculation immobilière, dans les grands travaux [...], dans l’achat et la vente de l’espace : Et cela à l’échelle mondiale. Tel est le chemin (imprévu) de la socialisation des forces productives, de la production de l’espace lui-même. »

Ainsi s’exprimait Henri Lefebvre grand penseur de l’urbain.

Que tentons nous de faire avec cette modification du PLU ?
aller à contrecourant du laisser-faire par le marché, si cher à la droite parisienne.

J’ai lu avec beaucoup d’attention les nombreux amendements que la droite a déposé, ils sont tous inspirés par une idéologie libérale et non interventionniste. Est-ce que le marché de l’immobilier s’autorégule de lui-même ? Non, car l’explosion du prix du m2 à Paris et le développement du système du type Airbnb montre que certains détournent délibérément le système et empêche ainsi la mise sur le marché d’appartements pour les parisiens.

Faut-il le rappeler 100 000 logements vides à Paris dont 40 000 totalement abandonnés par leurs propriétaires, combien de résidences secondaires utilisées quelques jours par an ?

Voilà la gangrène qui ronge Paris et à laquelle nous nous attaquons avec la Maire de Paris et son adjoint Ina Brossat.

Croyez bien que nous continuerons de plaider auprès du parlement pour que nos amendements à la loi de finances passent : ils concernent la taxation des logements et des bureaux vacants comme l’augmentation de la taxe d’Habitation pour les résidences secondaires.

Si nous n’imposions pas des règles, si nous ne pensions pas que les politiques ont leur mot à dire, en écho avec les attentes de la population, qui nous a fait confiance, nous aurions une ville sociologiquement uniforme qui rejetterait les classes populaires et moyennes au-delà du périphérique comme la droite la fait pendant plus de 20 ans.

L’une des pierres angulaires de cette modification du PLU est la création d’environ 240 nouvelles réserves pour la création de logement social qui permettront à une partie des parisiennes et des parisiens d’accéder à un logement dans Paris. Nombre de ces parcelles sont dans les arrondissements de l’ouest parisien parce que, je vous l’ai déjà dit, il ne doit pas y avoir de zones d’exclusion du logement social.

C’est aussi pour cela que nous soutenons l’idée contenue dans le projet de modification du PLU de l’extension du périmètre de déficit de logement social idée qui nous a paru légitime du fait du passage de l’objectif à atteindre par la loi de 20 à 25% de logement social d’ici à 2030.

Je le disais nous défendons l’idée que l’on construit une ville pour celles et ceux qui y vivent mais aussi pour les gens qui y travaillent.

Voilà pourquoi nous saluons la décision d’inscrire dans ce PLU de nombreux équipements de logistique urbaine, il nous faut rapprocher et rationaliser les lieux qui permettent une meilleure distribution des produits dans Paris. C’est bon au plan écologique et sanitaire mais c’est aussi bon en matière d’emploi car nous pouvons ainsi créer des emplois liés au secteur de la logistique.

J’ai déposé un vœu qui va dans le même sens et qui insiste sur la nécessité de renforcer notre action foncière et immobilière pour préserver et reconquérir des espaces de fabrication, de production et de réparation. Il s’agit pour nous que le PLU confirme les engagements que nous avons pris ici suite aux recommandations de la MIE « fabriquer à Paris ».

Tout comme mon groupe a déposé un vœu sur la diversification commerciale et la défense du commerce de proximité face au grignotage du territoire parisien par des grandes enseignes auquel nous assistons actuellement.

Il reste maintenant peu de parcelles sur lesquelles inscrire de nouvelles réserves pour équipements publics seuls. Vous avez fait l’effort d’en prévoir quelques-unes nouvelles mais cela reste limité. De fait pour la construction de nouveaux équipements culturels et sportifs, les principales opportunités consistent dans l’utilisation de parcelles appartenant déjà à la ville. Pour les crèches, en fait, le principal gisement consiste à activer les nombreuses réserves en logement social créées par le PLU pour faire « coup double » : logement social et crèche comme c’est déjà très souvent le cas, les bailleurs sociaux sont déjà maîtres d’ouvrage d’une majorité des crèches qui seront livrées dans cette mandature, et cette part va augmenter de façon structurelle, grâce aux décisions que nous allons prendre.

C’est tout le sens du travail mené depuis deux ans par Jacques Baudrier et Colombe Brossel en faisant que 25% du Plan d’investissement de la mandature bénéficie aux quartiers populaires.

Il nous faut continuer sur cette lancée. Voilà pourquoi nous vous proposons un vœu qui permet d’aller encore plus loin dans la réserve d’un certain nombre de parcelles à vocation d’équipements publics.

Si vous l’acceptiez, cela veut dire le lancement d’une dizaine d’études dès 2017 pour accélérer la création de nouveaux équipements publics en particulier dans les quartiers populaires avant tout des équipements culturels et sportifs.

Dans le détail, ce sont : Trois centres sportifs très conséquents, porte de Clignancourt dans le 18e, le centre Carpentier dans le 13eme, un autre à la porte de Montreuil dans le 20e et une rénovation complète le centre nautique Mathis dans le 19 ème.
- Deux piscines, une dans le sud du 12e, soit porte de Charenton ou dans la ZAC Bercy Charenton, une autre non loin de la place de la Nation dans le 20e, sur le site TEP Lagny,
- Quatre bibliothèques, une porte de Charenton dans le 12e, une dans le quartier Paul Bourget dans le 13e, une dans le 20e sur la parcelle du 14 16 rue de Noisy le Sec dans le quartier fougères.
- Je n’oublie pas le centre d’animation sur le site du TEP rigoles, à la limite 19e-20e et une rénovation complète du centre d’animation Mathis, un conservatoire dans le 18e et deux gymnases, un sur le TEP Olivier Métra dans le 20e et un rue du docteur Potain dans le19e.

Notre ambition est la même pour les crèches et les équipements petite enfance, en nous mettant d’accord pour la définition d’un « plan-programme » crèches à définir d’ici mi-2017, qui consiste à la mise en œuvre des réserves permettant de créer à la fois du logement social et des crèches nous pouvons atteindre le chiffre de 5 000 places en crèches sur la prochaine mandature.

Ainsi nous pourrions atteindre le nombre de 44 000 places en crèches en 2026, compte tenu qu’il y a 70 000 enfants de moins de 3 ans et que tous les parents ne demandent pas de places en crèches, par choix. Nous pourrions enfin dire qu’à Paris on a réellement le choix du mode de garde.

Le PLU n’est pas un instrument technique, il illustre les choix politiques d’une collectivité.

Paris par ce PLU tente de rapprocher tous ses besoins : logement, emploi, loisir, espaces verts.

Au regard de l’acceptation des modifications par vœux ou amendements que nous vous avons proposés, nous voterons positivement cette modification du PLU.

Je vous remercie

Publié le

7 juillet 2016

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