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Mon intervention sur le plan vélo 2015-2020

Au Conseil d’arrondissement du 30 mars 2015, je suis intervenu au nom du groupe communiste pour appuyer le plan vélo 2015-2020. Mon intervention a porté sur les aménagements de pistes cyclables, mais aussi sur ce qui pourrait constituer de véritables pôles vélos d’arrondissement.

Les élus communistes du 14ème arrondissement saluent cet ambitieux plan vélo 2015-2020, qui pose les conditions pour que la part du vélo sur les déplacements quotidiens, actuellement de 5%, aboutisse en 2020 à une part de 15 %.

Les investissements prévus en faveur du vélo font partie de ces mesures visant à améliorer la qualité de l’air et de vie des Parisiennes et des Parisiens. L’augmentation de la part d’utilisation du vélo, par le développement du Vélib’, des consignes près des arrêts de transport en commun et l’organisation de la circulation participent à la réduction de la pollution sonore et atmosphérique à laquelle les parisiens sont sujets. La contribution de la Région Ile-de-France va également dans le bon sens, montrant que la question de la préservation de l’environnement doit faire l’objet de financements croisés, ce que remet en cause l’actuelle réforme territoriale, et d’actions concertées entre plusieurs collectivités, car elle dépasse les limites de Paris.

Le 14ème arrondissement est directement concerné par le projet d’aménager de nouvelles pistes cyclables. Le plan propose notamment des aménagements sur le boulevard des Maréchaux sud et sur le boulevard Arago dans les deux sens. Mais le plan vélo souligne également la situation de la rue d’Alésia qui ne présente aujourd’hui aucune piste cyclable et qui fonctionne difficilement du fait des usages nombreux : la circulation importante, les lignes de bus, les livraisons… Sur ce point, le plan vélo se limite à annoncer l’aménagement des carrefours grâce à des bandes d’amorce, à des SAS vélo et à des cédez-le-passage cyclistes. Cela montre que développer le vélo demeure impossible, ou en tout cas limité, si on ne réduit pas massivement la circulation routière dans son ensemble, en particulier grâce à la promotion des transports en commun mais aussi et surtout par un aménagement du territoire qui rapproche lieu d’habitation et lieu de travail.

Nous avons comme arrondissement un rôle à jouer pour la réussite du vélo 2015-2020. Je prendrai juste un exemple. Le plan vélo prévoit d’encourager des associations à mettre en place des ateliers de réparation, notamment en fournissant des vélos et du petit outillage et en montant des projets par le biais de la politique de la ville, des centres sociaux ou d’animation. A nous comme arrondissement de penser la mise en œuvre de ces structures, qui pourraient constituer de véritables pôles vélo d’arrondissement. Nous pouvons nous appuyer pour cela sur l’expérience très positive de l’atelier Bastille mais avec des tailles plus gérables et une vraie vie de quartier comme l’atelier Cyclofficine dans le 20ème arrondissement.

Dans celui-ci, le recyclage des pièces détachées permet de réparer son vélo à moindre coût et l’activité de l’association est non lucrative pour pouvoir soutenir au maximum l’usage du vélo en ville. Les vélos récupérés qui peuvent être réparés sont vendus aux personnes qui le souhaitent. Dotés d’une remorque équipée, les animateurs de l’atelier interviennent dans les collèges et les lycées pour apprendre aux jeunes cyclistes à entretenir et réparer leur vélo. L’apprentissage du vélo pour des adultes qui n’ont jamais eu l’occasion d’apprendre et l’apprentissage de la circulation en ville sont aussi des activités proposées. L’atelier prévoit également de réaliser des ateliers de rue, des bourses aux vélos, des animations enfants… Enfin, la création de ces ateliers de réparation pourrait être conçue sur un modèle mixte salariés/bénévoles, avec la création d’emplois de l’Economie sociale et solidaire.

Pour conclure, je citerai le philosophe Ivan Illich : « les usagers briseront les chaînes du transport surpuissant lorsqu’ils se remettront à aimer comme un territoire leur îlot de circulation et à redouter de s’en éloigner trop souvent ».

Publié le

9 avril 2015

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