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N’oublions jamais le 27 janvier, date de la libération d’Auschwitz par l’armée soviétique.

En cette journée internationale de la mémoire des victimes de l’holocauste et de la prévention des crimes contre l’Humanité, la ville de Paris accueille l’exposition « Le pouvoir de la propagande nazie : un État trompeur ».

N’oublions jamais que six millions de juifs, dont plus d’un millions et demi d’enfants ont été tués par les nazis dans les camps d’extermination.

Il y a deux ans je participais à la délégation conduite par Anne Hidalgo, Maire de Paris, Eric de Rothschild, Président du mémorial de la Shoah, avec des élus parisiens, qui se rendait à Auschwitz pour la commémoration du 70ème anniversaire de la libération des camps.

Dire, et redire chaque année son émotion, peut apparaître banal, et pourtant… La gorge se serre, les larmes perlent, le silence s’installe lorsque l’on repense au moment où nous avons a franchi le sinistre portail.

Dans ce camp plus d’un million de femmes, d’hommes, d’enfants et de vieillards ont été exterminés. 90% d’entre eux ont été tués parce que juifs.

La création des camps est dans la logique de l’idéologie nazie. Pour Hitler il faut éloigner, éliminer voire exterminer celles et ceux que le régime nazi considère comme « nocifs et dangereux » : juifs, communistes, résistants, militants politiques, tziganes, prostituées, homosexuels, handicapés et témoins de jéhovah.

Me revient en mémoire le convoi dit des « 45 000 » du 6 juillet 1942, les 1175 déporté-es étaient exclusivement des syndicalistes de la CGT, des militant-es communistes et des élus. Dans ce convoi la moitié d’entre eux étaient parisiens, majoritairement des ouvriers, des cheminots, des artisans… 90 % d’entre eux ne sont pas revenus.
En passant le portail de Birkenau, on pense au convoi des 230 femmes du 24 janvier 1943, et cette Marseillaise entonnée par les résistantes françaises pour se donner du courage. Parmi elles, Danièle Casanova, Marie Claude Vaillant Couturier et Charlotte Delbo.

Plus proches de moi encore, je pense à mes camarades parisiens Henri Krasucki, Roger Trugnan, Georges Snyders où Maurice Cling, qui ont survécu et ont pu témoigner de cet univers indescriptible.

Lors de la préparation de son 94e anniversaire, Georges Snyders me disait : « J’étais de gauche, je suis devenu communiste après mes épreuves d’Auschwitz. Après auschwitz, mon problème a été de reconstruire une joie – qui pouvait être qu’une joie nouvelle – et aider les autres à y parvenir ».

La génération de celles et ceux qui ont vécu cette horrible expérience disparaît peu à peu. Nous avons un devoir et une responsabilité de continuer à dire, à raconter, à expliquer pour que la mémoire ne s’éteigne pas.

Je suis fier qu’à Paris de nombreuses initiatives soient prises en marge des commémorations officielles afin de faire que les plus jeunes connaissent cette période et surtout sachent qui a été responsable de ce plus important génocide du 20ème siècle.

Paris garde le souvenir des rafles qui ont conduit 6100 enfants parisiens étaient de ceux-là aux camps de la mort. C’est dans l’école de la rue de Tlemcen à l’initiative de 5 anciens élèves et d’un groupe de personnalité du 20e, dont 2 élus communistes, Henri Malberg et Catherine Vieu Charier, qu’est née l’initiative d’apposer devant chaque école parisienne le nom des enfants déportés.

Je suis fier que grâce à l’Association pour la mémoire des enfants juifs déportés et au mémorial de la Shoah, les enfants des écoles parisiennes puissent mieux connaître l’histoire.

Je suis fier de présenter régulièrement en Conseil de Paris des vœux pour rendre hommage à celles et ceux qui ont connu l’enfer comme prochainement Victor Perez et Danielle Ginollin.

À chaque fois qu’une plaque est apposée à Paris en l’hommage d’un résistant d’une résistante ou d’un ou une déportée, nous faisons œuvre de mémoire et d’éducation. Donner le nom d’Alfred Nakache à une piscine et celui d’Hélène Berr à une bibliothèque a plus de sens que de favoriser le Naming.

Le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme sont des maux dont il est difficile de se débarrasser. Le bouc émissaire est bien pratique en période de crise, il permet de ne pas dénoncer les vrais responsables.
Luttons sans relâche et n’ayons aucune complaisance face aux actes et aux propos racistes et antisémite.
Continuons à construire un monde de Paix par l’éducation où le racisme, l’antisémitisme et le négationnisme seront bannis.

Les millions de déportés qui ne sont pas revenus, dont tant de nos compatriotes et camarades nous le demandent, répétons-le avec eux : « plus jamais ça ».

Relisons inlassablement les mots inscrits sur le mémorial d’Auschwitz :
« Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement. Auschwitz – Birkenau 1940-1945. »

Publié le

27 janvier 2017

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