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La Ville de Paris stoppe son partenariat avec Coca-Cola

Dans le cadre de Paris Plage, un partenariat devait être conclu entre la Ville de Paris et Coca-Cola pour assurer le financement d’animations sportives pour les enfants. Le groupe communiste-Front de Gauche, opposé à l’idée que les fournisseurs de boissons sucrées se rachètent une morale en finançant la lutte contre l’obésité, se sont exprimés contre ce projet et ont permis le rejet de la délibération.

Retrouvez l’intervention de Sergio Tinti

Madame la Maire,
Mes cher (e)s collègues,

Si l’arrivée de Coca-Cola dans les bagages des armées alliées justifiait que cette marque puisse être présente dans notre communication sur les événements liés à la libération de notre capitale, le contexte dans lequel voit le jour cet accord-cadre de trois ans, faisant de Coca-Cola un partenaire officiel de notre ville, est bien différent…

Nous critiquons cette proposition sur trois points :

Le premier est lié à notre politique municipale en matière d’éducation à la santé. Nous savons tous que l’abus de boissons gazeuses sucrées est nuisible à la santé et que la France est touchée par une augmentation de l’obésité chez les plus jeunes d’entre nous. L’école a d’ailleurs renoncé presque partout aux distributeurs de sucreries et de boissons sucrées.

Sommes-nous en train de faire marche arrière ?

Nous aimerions que notre ami et collègue, Bernard Jomier, nous fasse part de son point de vue sur cette initiative et ses conséquences en matière sanitaire.

Le deuxième point concerne l’impact que cette délibération pourrait avoir sur l’accélération de la course à la privatisation de l’espace public parisien. Dans quelque temps, on ne pourra plus courir pour le seul plaisir de courir, on aura du mal à penser des initiatives ludiques qui n’auront pas besoin d’être marquées. Cette dérive n’est pas nouvelle : en quelques années, on est passé de la pub dans les stades à la pub sur les athlètes, y compris sur les pratiquants amateurs. Vous connaissez notre position sur le naming. Nous craignons que ce marquage par les entreprises des espaces publics de plaisir et de jeu ne s’arrête pas là. C’est pourquoi nous nous devons non seulement d’être vigilants, mais nous devons essayer de convaincre sur la nocivité de ces pratiques.

Enfin, nous aimerions pointer du doigt la somme ridicule que l’entreprise multimilliardaire consent pour ces opérations : 170 000 euros par an, plus 35 000 euros de boissons gazeuses offertes pour les réceptions municipales. Cette délibération laisse penser que la municipalité souhaite céder à une certaine facilité dans la recherche de sponsoring, au lieu de privilégier des marques parisiennes ou françaises et des produits un peu plus recommandables pour la santé.

En votant contre cette délibération, il ne s’agit pas d’attaquer un symbole de l’idéologie américaine — ce combat est peut-être perdu d’avance.
Nous voulons, en revanche, prouver que dans le domaine du sport et du loisir, d’autres choix sont possibles, et que la ville de Paris peut continuer à développer et à innover. Et ce à travers la promotion de parrainages qui accompagnent les différentes animations parisiennes en recourant à des partenaires qui véhiculent des valeurs de bien-être et d’éthique.

Je vous remercie.

Publié le

18 décembre 2015

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