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Notre contrat de mandature n’est pas Macron-compatible

A l’occasion du Conseil de Paris extraordinaire et du vote du nouvel exécutif municipal, nous réaffirmons que notre cap est celui de nos engagements pris devant les parisiennes et les parisiens en 2014.
Nous refusons les politiques d’austérité qui viendrait s’opposer à ces engagements et nous continuerons à défendre l’intérêts des parisiennes et des parisiens.

Retrouvez l’intervetion de Nicolas Bonnet Oulaldj

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour réélire l’Exécutif suite eux élections législatives et sénatoriales. Bien sûr, quand on nomme des adjoints, ce sont des adjoints là pour mettre en œuvre le cap que nous avons fixé, et la confiance que nous leur accordons sera extrêmement liée au cap que nous avons fixé depuis 2014.

Je voudrais aussi rappeler, puisqu’il s’agit d’accorder la confiance, que suite aux dernières élections législatives, nous avons eu 43 % d’abstention au premier tour, soit 560 000 électeurs qui ne se sont pas déplacés, ce qui montre le climat de méfiance vis-à-vis de la politique en place actuellement.

La question de la confiance est extrêmement importante en ce moment. D’ailleurs, ce qui tue la confiance, c’est la trahison, lorsqu’on a du mal à croire en l’autre, quand les promesses ne sont pas tenues, quand il y a une contradiction entre les paroles et les actes.

Alors, pour nous ce qui est le plus important aujourd’hui, c’est de revenir à ce contrat de confiance, que nous avons eu devant les Parisiens en 2014, et de conforter les piliers qui fondent notre participation à cette majorité.

Le premier de ces piliers est bien sûr l’une des premières exigences des Parisiens : c’est de rester vivre à Paris et d’avoir un logement à Paris, de lutter contre la spéculation immobilière, donc de réaffirmer clairement que pour cela, nous devons produire du logement social, et notre rythme est de 7.000 logements sociaux par an.

Notre deuxième engagement est de garantir l’égalité de traitement des Parisiens en renforçant les services publics et en créant de nouveaux équipements publics municipaux dans la capitale, que ce soit des crèches, des centres de santé ou des équipements culturels et sportifs, notamment après l’obtention des Jeux Olympiques. Nous avons été exigeants et nous continuerons à être exigeants sur la production de ces équipements, notamment dans les quartiers populaires.

Le troisieme de ces piliers fondamentaux est de faire de notre Ville une ville exemplaire en matière d’environnement, mais aussi exemplaire en matière d’égalité hommes/femmes, de lutte contre les violences faites aux femmes, de droit à disposer de son corps ou encore d’égalité professionnelle.

Nous réaffirmons notre refus de toute politique d’austérité qui viendrait s’opposer à ces engagements et nous continuerons à défendre les intérêts des Parisiens dans le débat que nous aurons face à l’Etat, notamment dans le débat sur la baisse des dotations, sur l’augmentation des péréquations, afin que les engagements envers les Parisiens soient réalisés.

Madame la Maire, depuis que le remaniement a été annoncé, nous avons été clairs. Nous avons réaffirmé notre attachement aux engagements pris devant les Parisiens et certains pensent que les élections présidentielles, législatives et sénatoriales sont une troisième mi-temps. Eh bien non, ce n’est pas la troisième mi-temps, d’autant plus lorsque l’on sait que la majorité des députés a été élue avec seulement 25 % des électeurs inscrits dans certaines circonscriptions du fait de l’abstention. D’ailleurs, dans les 17e et 18e circonscriptions, les députés ont été élus avec seulement 19 % des inscrits.

Nous sommes lucides. Deux visions de Paris s’affrontent. Certains veulent faire de Paris une ville pour les riches, tournée vers la finance internationale, les grandes banques et les actionnaires, et encourager l’"ubérisation" des activités. Nous avons été élus sur une autre conception de Paris, où tout un chacun peut vivre, travailler dans de bonnes conditions, qu’il soit ouvrier, employé, étudiant, enseignant, artisan ou cadre.

Ce remaniement, Madame la Maire, est l’occasion de réaffirmer notre volonté de faire de Paris une ville moins chère, une ville où l’on vit mieux, une ville pour toutes et tous. Le nouvel Exécutif devra faire face à un nouveau contexte politique. Les choix du Gouvernement d’Edouard PHILIPPE et du Président MACRON vont inéluctablement produire des nouveaux chocs d’une nature différente, sociaux et économiques. Alors, nous devrons être soudés pour combattre les conséquences de ces chocs pour la population parisienne.

Si certains pensent compatible leur soutien au Gouvernement, qui va à l’encontre de la mise en œuvre de nos orientations municipales, c’est à eux d’assumer leurs contradictions et pas à nous. D’ailleurs, certains auront des choix clairs à prendre devant les Parisiens, ici même dans notre hémicycle, mais aussi sur les bancs de l’Assemblée ou du Sénat.
Par exemple, le soutien à la pratique antidémocratique des ordonnances sur la loi Travail, la suppression des emplois aidés et ses conséquences pour les associations à Paris, l’annonce de la mort programmée du logement social et des attaques sur les bailleurs sociaux, la réforme de la fiscalité et de l’I.S.F., la fin de la taxe d’habitation, l’augmentation de la C.S.G., la mise sous tutelle des collectivités locales par le biais de la contractualisation et, enfin, le risque de disparition des départements et de leurs compétences ou encore la gestion de la crise des réfugiés.

Alors, Madame la Maire, si une poignée d’élus - je dis bien une petite poignée d’élus -, souhaitent soutenir et assumer pleinement la politique libérale du Gouvernement au Conseil de Paris en se constituant en groupe, c’est leur droit et leur problème. Si certains veulent casser l’image du président des riches en créant une fausse tendance de gauche pour élargir le cercle des "marcheurs", c’est leur droit et leur problème. Nous, notre devoir est de dire aux Parisiens que la politique que mène le Gouvernement est une politique de droite, libérale et donc incompatible avec la politique de gauche que nous menons à Paris.

Oui, il y a des lignes rouges que nous ne franchirons pas et notre groupe ne souhaite pas que la majorité se décentre vers la droite. Nous l’avons dit et nous le répétons, la majorité ne va pas des Communistes à En marche ! Nous serons toujours loyaux envers vous, Madame la Maire, et nous serons guidés par l’intérêt des Parisiens.
Nous n’avons pas demandé à renforcer notre place au sein de l’Exécutif, bien qu’on nous l’a proposé, car nous pensons que l’essentiel n’est pas là mais qu’il est de conforter les orientations et les moyens donnés aux adjoints issus de notre composante.

Ce vote de confiance est une première étapeet nous aurons d’autres moments pour confirmer notre confiance à l’Exécutif. Un cap se traduit par un budget et, au moment du budget, nous réexprimerons notre confiance ou pas à l’Exécutif.

Je vous remercie

Publié le

9 octobre 2017

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