Rechercher sur le site

Nous défendons les salarié.e.s du commerce

Peut-on parler de vitalité commerciale sans parler des salarié.e.s ? Car les métiers du commerce concentrent les problèmes : de l’extension du travail nocturne et dominical qui met à mal la cohésion sociale, à l’exploitation des travailleurs sans papiers en passant par la généralisation du travail dissimulé. Oui le commerce est un vivier d’emploi et une vitrine pour Paris mais cela ne doit pas justifier la dégradation des conditions de vie des salariés.
Retrouvez l’intervention de Danièle Premel

Madame la Maire, mes chers collègues,

Il est de bon ton d’aborder les enjeux du commerce du point de vue des consommateurs et des chefs d’entreprises. Pour ma part, j’interviendrai pour parler des conditions de travail des salariés du commerce, un sujet sur lequel la communication ne dit pas un mot.
Premièrement, il faut noter que les commerces parisiens sont des viviers d’emplois pour l’ensemble des franciliennes et des franciliens. Ces emplois sont non dé-localisables et offrent un débouché à des milliers de personnes. C’est aussi pour cela que la Ville doit porter une grande attention à la vitalité commerciale.

Mais celle-ci ne doit pas nous faire perdre de vue la question des conditions de travail. Lorsque l’on parle d’évolution des pratiques commerciales, n’oublions pas les conséquences pour les salariés.

Les métiers du commerce sont difficiles avec des horaires de travail décalés, des rémunérations modestes et une grande pénibilité qui pèse lourd sur l’état de santé des salariés.

Nous savons que ces métiers sont majoritairement occupés par des femmes. Il est important de le noter car beaucoup d’entre elles font encore des doubles journées entre leur travail et leur domicile. Lorsque la loi Macron étend le travail nocturne et dominical, les répercussions concrètes ,ce sont des mères de famille qui ne peuvent plus récupérer leurs enfants après l’école et qui ne peuvent plus passer du temps avec eux pendant le week-end.

Ce sont aussi ces impacts là que devra examiner l’observatoire des ZTI. Car l’impact social du travail du dimanche est grave, notamment dans les quartiers populaires où près de la moitié des mères élèvent seules leurs enfants. Nous pouvons toujours financer des actions de soutien à la parentalité. Mais l’interdiction du travail nocturne et dominical serait bien plus efficace sans couter un seul euro à la Ville de Paris.

Enfin, beaucoup de travailleurs du commerce sont immigrés, sans papiers et vivent en situations de grandes vulnérabilité et précarité. Beaucoup d’entre eux travaillent sans être déclarés, parfois pendant des années, ce qui empêche toute perspective d’intégration. La lutte exemplaire qui a été menée par les coiffeuses du 57 boulevard de Strasbourg a rappelé que dans certains quartiers, quasiment tous les travailleurs du commerce étaient victimes du travail dissimulé. Les coiffeuses du 57 ont dû lutter plus d’un an et demi avant de faire reconnaitre leurs droits et leurs statuts de victimes. C’est inacceptable.

Enfin, il n’y a pas que les travailleurs sans papiers du commerce qui ne sont pas déclarés. De nombreux salariés du commerce sont confrontés à ce problème qu’il ne faudra pas occulter.

Je vous remercie.

Publié le

12 mai 2017

Auteur-e-s