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Nous devons mettre à l’abri l’ensemble des exilés

Alors qu’un 34ème démantèlement des campemants de rues a eu lieu porte de la chapelle, que la situation ne cesse de s’aggraver, nous demandons la mise à l’abri de tous les éxilés délaissés et présents à Paris par la création et l’ouverture rapide de places d’hébergement sur l’ensemble du territoire.

Retrouvez l’intervention de de Fanny Gaillanne

Merci, Madame la Maire,

Chers collègues, comme plusieurs d’entre nous l’ont dit, la situation à la porte de la Chapelle est intenable. Actuellement, ce sont plus de 1.500 personnes qui dorment autour du centre de premier accueil en attendant de pouvoir être prises en charge. Après avoir fui le pire dans leur pays, ces milliers de personnes vivent et dorment à la rue sans aucune ressource, dans des conditions inhumaines. Mais comment en est-on arrivé là ? En toile de fond, il y a toujours cette idée nauséabonde selon laquelle améliorer les conditions d’accueil des réfugiés reviendrait à créer un appel d’air et à faire venir encore plus de monde. Notre majorité a, depuis longtemps, tourné le dos à cette logique mortifère. Mais, force est de constater que tous les Ministres de l’Intérieur qui se succèdent au pouvoir depuis plus de 10 ans sont tous d’accord sur ce point : de SARKOZY à VALLS, de GUÉANT à CAZENEUVE, et aujourd’hui avec Gérard COLLOMB, la politique de l’Etat reste guidée par ce présupposé porté par la droite et l’extrême droite.

Aujourd’hui, la situation s’aggrave. Les réfugiés souffrent de malnutrition et de maladies diverses. Par ailleurs, les habitants du quartier populaire de la porte de la Chapelle sont confrontés à une situation sanitaire intenable. J’en profite, d’ailleurs, pour saluer ces riverains qui ont été nombreux à se mobiliser pour porter assistance aux réfugiés. Sans eux, le désastre humanitaire aurait pu être encore plus grave. Nous demandons, par conséquent, de prendre des mesures d’urgence pour mettre à l’abri tous les exilés délaissés qui sont présents à Paris. Des places d’hébergement doivent être ouvertes très rapidement pour protéger les personnes qui sont actuellement à la rue. Le quartier de la porte de la Chapelle traverse une période des plus difficiles. L’Etat doit réagir au plus vite pour permettre un retour à la normale dans ce quartier, dans le centre de premier accueil et sur ses abords.

Faut-il encore le rappeler ici ? La politique d’asile est la compétence de l’Etat. L’Etat doit prendre ses responsabilités et doit prendre les mesures nécessaires pour éviter que cette situation ne perdure et se reproduise. Des centres de premier accueil doivent être construits dans les villes et les départements les plus sollicités, notamment, par exemple, à la frontière avec l’Italie. L’Etat doit accélérer le rythme de création des places d’hébergement plus pérennes, des places réparties sur l’ensemble du territoire qui puissent permettre aux exilés de mener leurs démarches administratives jusqu’à leur terme. Il faut aujourd’hui que l’Etat prenne conscience de l’ampleur du problème pour mettre fin à cette situation indigne d’un pays censé être le pays des droits de l’homme.

Je vous remercie.

Publié le

5 juillet 2017

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