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Nous n’acceptons pas la privatisation du contrôle du stationnement payant

Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues,

Ce n’est pas une surprise, nous voterons contre cette délibération qui prévoit de privatiser un service public. Dès que nous avons eu connaissance de ce projet, nous nous sommes exprimés contre, mais vous ne nous avez pas entendus.
Je vous soumets donc un vœu qui expose clairement notre opposition et reprend notre vision de ce que devrait être une politique municipale de la gestion du stationnement.

Dans ce vœu, nous demandons que le contrôle de stationnement payant reste exercé par le secteur public. Pour rester cohérents, nous demandons aussi que la gestion de l’enlèvement des véhicules en stationnement gênant soit reprise en régie.

Depuis plus de dix ans, la privatisation des fourrières a montré les limites des logiques de la rentabilité. Seules les rues les plus faciles d’accès sont contrôlées et, pour aller plus vite, ces sociétés privées ont déjà montré qu’elles pouvaient enlever des véhicules sans prendre le temps de s’apercevoir que des enfants dormaient à l’arrière pendant que leurs parents faisaient une course rapide dans un commerce.
Alors aujourd’hui, pourquoi faire appel au privé pour gérer le contrôle du stationnement payant ? Les raisons exposées à la presse ne sont pas convaincantes et font preuve d’un certain dogmatisme.

Si je résume, la Ville privatise car les A.S.P. ne savent pas bien travailler. Lorsqu’on creuse le sujet, on s’aperçoit que la Préfecture de police utilise les A.S.P. à d’autres missions que le contrôle du stationnement. On s’aperçoit que les outils de travail pourraient être modernisés.

Alors, pourquoi ne pas laisser sa chance au secteur public en expérimentant le contrôle de stationnement par la municipalité ? Mais non. Vous ne voulez pas chercher à comprendre, vous voulez privatiser, car le secteur privé serait plus efficace. Je le redis : c’est du dogmatisme et, lorsqu’on ouvre au marché un secteur public, ce dogme s’appelle le libéralisme.

D’ailleurs, nous nous interrogeons : dans quelles conditions cette réforme pourrait être adoptée dans ce Conseil ?

J’ai entendu les uns et les autres : l’UDI qui motive son vote à un amendement, l’opposition qui depuis le début du mandat nous dit vouloir faire des A.S.P. une police municipale armée et vouloir le retour en régie des enlèvements de véhicules, et une réforme qui serait portée par un adjoint écologiste, dont le groupe demande l’expérimentation de la mise en régie d’au moins un secteur comme nous.

Mes chers collègues, notre majorité est composée de quatre groupes, quatre piliers, et je vais conclure par une image : lorsqu’on est assis sur une chaise et que l’on retire un pied, et que l’on se penche vers la droite, en général, on tombe !

Alors, puisque cette délibération ne semble pas rassembler une majorité claire, et que les Parisiens ont droit à la transparence sur un tel sujet, je demande solennellement un scrutin public à l’aide du vote électronique.

Publié le

8 novembre 2016

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