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N’oublions pas les lycées sans papiers

Intervention de Fanny Gaillanne en séance du Conseil de Paris du 28, 29, 30 septembre et 1er octobre 2015

Madame la Maire, mes chers collègues,

J’interviendrai en complément de ma collègue Emmanuelle Becker sur un sujet bien spécifique dont nous avons déjà pu débattre dans cette assemblée.

Il s’agit de la question de la scolarisation des Mineurs Isolés Etrangers (MIE), ces jeunes pour lesquels plusieurs lycées de l’est parisien, chef d’établissement, professeurs et élèves compris, se sont mobilisés durant une grande partie de l’année dernière. Ces mobilisations importantes ont mis en lumière les situations difficiles de ces jeunes et les faiblesses de l’action du Département, notamment lorsque ces jeunes atteignent la majorité et quittent subitement le dispositif de prise en charge par l’Aide Social à l’Enfance.

Même si depuis des années plusieurs associations et plusieurs élu-es avaient alerté le conseil de Paris et l’exécutif sur les manquements de l’ASE, la mobilisation des lycéens a apporté un souffle nouveau à ces alertes qui a pesé pour que la Ville procède au rattrapage du traitement des dossiers à la PAOMIE et à l’élaboration d’un plan d’accueil des MIE que nous avons adopté en mai dernier.

Je souhaite cependant vous faire part d’un crainte, partagée par de nombreux élu-es et militants qui soutiennent ces jeunes lycéens sans papiers : il apparait toujours plus difficile pour ces jeunes de s’inscrire dans un établissement scolaire ou au CASNAV, ce centre de l’éducation nationale qui prend en charge les jeunes primo arrivant pour les remettre à niveau en langue française.

Il semblerait que la solution toute trouvée par le rectorat de Paris pour éviter que les mobilisations de l’an passé ne se renouvellent soit d’empêcher ces jeunes d’entrer dans l’éducation nationale.

Nous ne pouvons pas accepter cette injustice profonde qui revient à cacher la misère sous le tapis et à maintenir ces jeunes dans leur précarité.

L’école est aussi un lieu d’accueil, un lieu bienveillant qui offre une solidarité sans faille aux élèves comme nous l’a montré le lycée Hector Guimard du 19e arrondissement pour ne citer que lui. Le rectorat doit s’expliquer publiquement des raisons qui justifient son refus à scolariser ces jeunes étrangers.
Je vous remercie.

Publié le

28 septembre 2015

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