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Plan Local d’Urbanisme : un pas en avant, un pas en arrière

Dans le débat sur le PLU Didier Le Reste est intervenu sur deux sujets concernant le 10 ème. Il s’est félicité de la création de 80 logements sur la parcelle « Valmy-Jouhaux » dont 70% de logements sociaux, grâce à notre amendement accepté. Un amendement qui visait à maintenir l’intégrité de l’Hôpital Lariboisière en réserve de grand service public urbain a lui été rejeté. Il a regretté ce pas en arrière de l’exécutif qui a cédé à la logique mercantile de l’APHP.

Retrouvez son intervention

Madame La Maire,

Ces dernières années l’assistance publique hôpitaux de Paris (APHP) a mis en œuvre une politique de regroupement de ses hôpitaux. Dans ce cadre la fermeture du site de l’hôpital Fernand Widal dans le 10ème a été actée.

Après de nombreux débats, un consensus avait été trouvé en 2010 pour le transfert de toutes les activités de Fernand-Widal et de tous les personnels vers un nouvel hôpital Lariboisière.

Ce projet de santé permettait de maintenir l’ensemble des services et l’ensemble de l’offre de soins, et de les rationnaliser en rapprochant les malades de leur lieu de traitement.

C’est sur ce projet qu’un consensus s’était créé entre la communauté hospitalière du groupe hospitalier Saint Louis/Lariboisière/Fernand Widal, la direction générale de l’APHP, la Mairie du 10ème arrondissement et la Mairie de Paris pour une reconstruction de l’hôpital Lariboisière et une vente à terme de l’hôpital Fernand Widal.
C’est ce projet que la liste « Paris qui ose » dans le 10ème a présenté aux électeurs, dans le cadre de son engagement de campagne N°2.

C’est ce projet qui avait été présenté aux habitants du 10ème arrondissement à l’école Louis Blanc le 5 décembre 2011 par la direction de l’AP-HP et par vous-même Madame la Maire de Paris.

C’est sur la base de ce projet que les élus du Conseil de Paris ont voté le déclassement de l’hôpital Fernand Widal au plan local d’urbanisme lors du Conseil de Paris des 6 et 7 février 2012.

C’est pour le maintien de ce projet que près de 1000 pétitions ont été signées par les habitants du 10ème en 2015.

Contrairement aux engagements pris, quelques mois après les élections municipales, l’AP-HP a annoncé en interne que les activités, notamment les lits de gériatrie de Fernand Widal ne seraient finalement pas transférés à Lariboisière.

Les 140 lits de SSR (soins de suites et de réadaptation) et de SLD (soins de longue durée) ont aujourd’hui vocation à être transférés à l’hôpital Claude Bernard en périphérie de Paris.

Parallèlement à cette décision, l’AP-HP a demandé à la ville de Paris dans le cadre de l’enquête publique sur le PLU, d’autoriser le déclassement de la parcelle ouest de l’hôpital lariboisiere, le long de la rue Guy Patin, pour la vendre et qu’il y soit réalisé du logement.

Sur la question du logement, ce n’est pas nous qui vous dirons qu’il y a trop de logement et notamment trop de logements sociaux dans le 10ème arrondissement, mais nous n’acceptons pas de mettre en concurrence le projet de santé et la qualité des soins des Parisiens avec les objectifs de création de logements sociaux et nous avons eu l’occasion de faire nombre de propositions dans le PLU pour défendre le logement social.

Sur la question du nouveau projet, il est d’autant plus regrettable d’éloigner ces services, car ils concernent des patients qui ont du mal à se déplacer et que les malades continueront de recevoir leurs soins à l’hôpital Lariboisière !

Cette distance qui devait être réduite, va au final être augmentée !

Les allers et retours en ambulance représentent une souffrance et une fatigue inutiles imposées à des personnes âgées.

Ces transferts auront également un coût important, qui se reportera sur la Sécurité Sociale.

Ce projet est donc in non-sens en terme de projet de soins, mais également en terme économique puisque nous assistons à un transfert de charges de l’AP-HP vers la sécurité sociale et in fine vers le contribuable, et ce au détriment du bien être des patients.

Par ailleurs, nous ne comprenons pas l’urgence à déclasser cette parcelle aujourd’hui. La vente de cette partie de l’hôpital qui accueille entre autres services, la maternité ainsi qu’un service de diabétologie inauguré il y a moins de 2 ans, ne peut dans tous les cas pas intervenir avant 2024 au plus tôt et ne conditionne en rien la réalisation du nouveau bâtiment Lariboisiere.

Pourquoi se presser et prendre le risque d’insulter l’avenir ?

Comment comprendre qu’un projet puisse être remanié du tout au tout en quelques mois en 2014, et ne pas envisager qu’il puisse évoluer entre 2016 et 2025 ?
A plus long terme, que ferons-nous lorsque nous devrons à nouveau faire évoluer l’hôpital ?

Nous ne disposerons plus de surfaces disponibles pour repenser et reconstruire.
C’est pourquoi nous vous soumettons un amendement qui propose de maintenir l’intégrité de l’hôpital Lariboisiere en réserve de grand service public urbain.

J’en viens à la deuxième partie de mon intervention qui concerne la parcelle du Quai de Valmy, toujours dans le 10ème arrondissement.

Cette opération d’envergure va modifier le paysage du quartier. Elle est possible, nous le savons bien, par l’opération tiroir due à l’arrivée de la fondation Pinault à la Bourse du Commerce.

Par un vœu que nous avons déposé tardivement, je vous l’accorde, nous demandons que cette parcelle comporte 100% de logements sociaux dans un quartier déficitaire.
Nous pouvons comprendre que cette exigence que d’aucuns jugent « maximaliste » vienne percuter l’économie générale de l’opération sur cette parcelle. Il semble pourtant que vous ayez évolué par rapport à la proposition de départ 50% de logements sociaux et 50% de logements à loyers libres. Vous iriez jusqu’à 70% de logements sociaux et 30% de logements intermédiaires.

C’est un progrès et si tel était le cas nous retirerions notre proposition puisqu’une future délibération viendrait dans un temps proche préciser vos engagements.
Nous prenons comme un clin d’œil que l’arrivée de Pinault à la Bourse du Commerce permettra à plusieurs dizaines de familles parisiennes d’accéder à un logement social. C’est un effet papillon qui n’est pas pour nous déplaire.

Reste la question de l’équipement petite enfance, pour en avoir débattu au dernier conseil d’arrondissement, nous avons bien compris qu’il n’y avait pas d’opposition du Maire d’arrondissement à cette idée, bien au contraire, mais je parle sous son contrôle, d’avoir un équipement petite enfance.

Serait-il envisageable qu’en pied d’immeuble de cette opération immobilière sociale que nous réalisons, une crèche puisse y trouver sa place ?

Sur ce dossier comme sur le précédent nous ne désespérons pas de vous convaincre.

Je vous remercie.

Publié le

7 juillet 2016

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