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Paris Sans Sida

En présence de Michel Sidibé, Président de l’ONUSIDA, Hervé Bégué a rappelé l’importance de continuer l’effort en direction des pays du sud et la lutte contre le V.I.H.
Il est aussi revenu sur le fait que si le Sida est moins visible qu’il y a 20 ans, il est toujours présent. Paris sans sida ne doit pas être une utopie mais un rêve en devenir.

Retrouvez l’intervention d’Hervé Bégué

Monsieur le Maire, chers collègues,

L’association François-Xavier Bagnoud fait un travail remarquable au Rwanda pour mieux intégrer socialement et économiquement les personnes atteintes du V.I.H. Ce, dans un pays où le taux de prévalence continue de frôler les 20 % et où le regard de la société à l’égard des personnes malades reste problématique. Cette association ne m’en voudra certainement pas si je me sers de la délibération qui les concerne pour aborder plus largement la question du Sida et répondre aux propos de M. SIDIBÉ, directeur de l’ONUSIDA, que nous avons écouté avec une grande attention et un grand intérêt.

Nous devons continuer notre effort en direction des pays du Sud, qui même si la situation sanitaire s’améliore, restent des pays où il est difficile d’envisager un avenir quand on est atteint du Sida. Plusieurs délibérations qui nous sont soumises vont dans ce sens et nous nous en félicitons. Il faut ajouter aussi de bonnes nouvelles, comme l’arrivée en version générique des médicaments de dernières générations en Afrique. C’est indispensable dans des pays où il faut encore trop souvent choisir entre se nourrir et se soigner.

Pour avoir la chance de participer aux travaux de l’association "Vers Paris sans Sida", je suis très heureux et très fier que notre capitale continue de vouloir jouer un rôle moteur dans la prévention et l’éradication du Sida.
Je sais que le département de la Seine-Saint-Denis vient aussi de s’engager dans la même direction. C’est une bonne chose. Nos deux collectivités ont des ressemblances. Elles sont la porte d’accueil des populations récemment arrivées sur le territoire national. Quels que soient les parcours qui ont amené ces personnes ici, et les raisons de départ de leur pays d’origine, nous avons le devoir de les accueillir dans de bonnes conditions sanitaires, et de les informer sur les méthodes de prévention et plus largement sur les risques encourus.

Les statistiques des 6.000 nouveaux contaminés chaque année sont éloquentes. Nous avons principalement des personnes venues de pays où la prévention et les traitements ne sont pas encore au niveau malgré les efforts tant internationaux, nationaux que parisiens. Mais nous devons aussi penser aux plus jeunes, qui bien souvent ne se protègent pas au cours des premiers rapports sexuels. Comme nous devons aussi tenir compte de l’évolution des comportements à risques dans les rapports sexuels. En particulier l’augmentation de l’usage de produits de synthèse au cours de ces rapports, qui ont tendance à faire que les comportements à risques progressent. Ces produits sont d’ailleurs conçus pour accroître le plaisir et l’empathie, mais ont entre autres défaut que le risque est sous-évalué, voire méconnu par les utilisateurs de ces produits. Le phénomène n’est pas nouveau, mais tend à prendre de l’ampleur et des associations comme "Aides" nous alertent.

Nous devons donc maintenir un haut niveau de prévention générale en direction des plus jeunes, mais aussi faire des campagnes spécifiques pour les populations les plus exposées. Il ne s’agit en rien de les stigmatiser, ni de jouer les pères la morale, mais bien d’adapter nos discours aux comportements à risques et à ceux qui les prennent.
J’encourage tout le monde à aller voir le film "120 battements par minute", primé à Cannes, qui sortira en salle fin août. Il retrace le combat de militantes et de militants d’Act Up. Il s’agit d’une belle leçon d’histoire et des malades. Il décrit leur combat pour vivre, et leurs actions et connaissance de la maladie ont changé durablement le rapport du malade au soignant.

Le Sida n’est plus aussi visible qu’il y a 20 ans, mais il est toujours là.
Il y a encore des entreprises qui stigmatisent leurs salariés et freinent leur progression sociale et salariale en utilisant des prétextes fallacieux. Montrons au monde que nous ne baissons pas les bras, et que "Paris sans Sida" n’est pas une utopie mais un rêve en devenir.

Je vous remercie.

Publié le

5 juillet 2017

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