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"Paris, à nouveau cité des sciences et de l’industrie ?"

L’Humanité
29 septembre 2015

Le Conseil de Paris examinait hier le rapport d’une mission d’information et d’évaluation présidée par un élu communiste et portant sur les voies pour réindustrialiser la capitale.

(...) un document adopté « à l’unanimité, de l’historique aux préconisations », insiste Pierre Auriacombe,
rapporteur de la commission. (...) Présidée par l’élu
communiste Nicolas Bonnet-Oulaldj, la dixième mission d’information et
d’évaluation (MIE) de la ville depuis 2008 présentait hier devant le
Conseil de Paris le résultat de ses travaux
autour du thème : « Fabriquer à Paris pour relever les défis sociaux et
environnementaux ». « Quelles filières industrielles d’avenir ? » questionne
encore plus précisément le sous-titre. (...) Paris ne se laissera pas
devenir une ville-musée. (...) Un travail global, puisqu’il
s’agit, selon les mots du président du groupe PCF-Front de gauche, de
« penser autrement les processus par lesquels la ville importe, consomme,
transforme et exporte ». (...) Pour Nicolas Bonnet-Oulaldj, ce travail participe de « l’émergence d’une troisième révolution industrielle, dont l’impression 3D est déjà une réalité, qui remet en cause le modèle productif et nous fait entrer dans un nouveau paradigme. Un paradigme de production en petites séries personnalisées, de relocalisation de l’activité dans des petits espaces
qui facilitent les circuits courts ». L’intention est belle, mais la réalité
d’une ville comme Paris y oppose de sacrés obstacles. En premier lieu, celui
du foncier et de l’immobilier. Parmi les 54 préconisations du rapport,
nombreuses sont celles qui portent sur cette question, de la mobilisation
des bailleurs sociaux à la mise en place d’une garantie publique des
loyers d’activité, du soutien aux fablabs à la conquête de nouveaux espaces
comme, par exemple, les sous-sols. Autre souci : la densité et la
géographie d’une ville comme Paris, au coeur d’une immense métropole,
obligent à repenser tout un système logistique. « On compte aujourd’hui
360 000 mouvements de marchandises par jour ouvré à Paris », rappellent
les auteurs du rapport, qui souhaitent « réorganiser le dernier kilomètre » en substituant des véhicules propres aux véhicules polluants.
Le rapport met en avant « le rôle décisif des services publics de
transport » et appuie des projets, telle « la mise en place de voies
d’accès fluviales et ferroviaires ». Pour faire avancer l’esprit du rapport,
sur proposition du groupe communiste, le Conseil de Paris a adopté
hier la création d’un label, « Fabriqué à Paris ». Sans doute la mesure la plus immédiatement visible en attendant de voir ce qu’il adviendra des autres. "

Publié le

29 septembre 2015

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