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Paris perd un incorrigible communiste

C’est avec une immense tristesse que nous apprenons le décès de notre camarade Henri Malberg à l’âge de 87 ans. Les communistes parisiens perdent un des leurs. Ils perdent celui qui avait connu le Paris de la guerre et des rafles auxquelles il avait pu échapper. Ils perdent l’un des derniers témoins et artisan de la libération de Paris. Un acteur essentiel de la vie politique parisienne.

Au nom des élu-es communistes de Paris, j’adresse toutes mes condoléances à sa famille, à ses deux petites filles Marine et Zoé et à ses proches, notamment notre camarade Catherine Vieu Charier qui l’a accompagné ses derniers jours.

Henri Malberg est né en 1930, de parents juifs polonais, dans le 20ème arrondissement de Paris. Il échappe à la rafle du Vel d’hiv’ mais sera arrêté plus tard en 1943 et interné, avec sa famille, dans le camp de Douadic.
En 1944, libéré, il retrouve Paris et adhère à la Jeunesse Communiste.

Ouvrier, il devient en parallèle un dirigeant de la Jeunesse Communiste puis du Parti Communiste Français.

Henri a été conseiller de Paris pendant 27 ans, de 1965 à 1974 puis de 1983 à 2001, il a présidé le groupe des élus communistes de 1989 à 2001.
De tous les combats auprès de Waldeck Rochet, de Georges Marchais, il avait lutté pied à pied contre la mainmise de la droite sur notre capitale. Comme secrétaire de la fédération de Paris puis comme président du groupe au Conseil de Paris, il était au cœur des luttes. Il a été l’un des artisans de la victoire de la gauche à Paris. Le Paris populaire a eu la chance d’avoir cette voix faubourienne pour le défendre. On se souviendra de ses échanges musclés mais toujours emprunts de courtoisie avec les leaders de la droite parisienne.
Nous nous souviendrons toujours de ses conseils avisés, de son ouverture, de son immense espoir en la jeunesse, de son optimisme et de son attachement aux idées communistes.

Il avait su renouer avec son histoire familiale en œuvrant pour que des plaques du souvenir soient apposées sur les écoles pour que l’on se souvienne des enfants déportés. Comme son combat pour que les archives de la préfecture concernant les biens spoliés des juifs ne soient pas détruites. Mais au-delà de son travail d’élu respecté sur tous les bancs de notre conseil, l’une de ses plus belles actions a été son travail de formation et d’accompagnement des nouvelles générations de militants.

À chaque fois que j’ai eu besoin de ses conseils depuis qu’après d’autres je lui ai succédé à la présidence du groupe, il m’a aidé et je lui sais gré de sa disponibilité et de son écoute. Jusqu’à ses derniers jours il s’est tenu au courant de l’actualité politique et de la vie parisienne.

Nous perdons un camarade, un ami et surtout un soutien.
Nous sommes immensément tristes mais nous sommes fiers de l’avoir connu et surtout de l’avoir écouté.

Publié le

13 juillet 2017

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