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Parisienne de photographie

Madame la Maire,
Mes cher.e.s collègues,

Cela fait maintenant près de six longues années que nous discutons de l’avenir de la Parisienne de Photographie et du fond Roger Viollet. Depuis le début, le groupe communiste a eu à cœur de défendre à la fois ce patrimoine magnifique de pres de six millions de photographies et à la fois les salariés aux compétences et à l’expertise inestimable .

Nous aurions souhaité que toutes les missions assurées par la Parisienne de photo puissent l’être par en interne par la DAC .

Mais, Reprenons l’historique : en 2005 est créé la Société d’économie Mixte La Parisienne de Photographie avec pour missions principales de sauvegarder, numériser valoriser et diffuser le patrimoine iconographique et photographique parisien. Celui ci est constitué par différents fonds dont les collections des bibliothèques et musées municipaux et bien sur le fonds Roger Viollet .

Suite aux difficultés financières liées à l’effondrement du marché , lui même liés aux difficultés de la presse et de l’édition et à la concurrence des banques d’images tres peu chères, l’agence est transformée en société publique locale en 2015.Une convention de DSP est alors passée avec la SPL Parisienne pour la numérisation, la valorisation et la diffusion de ses fonds .

Cela ne suffit pas à remonter la pente, et les difficultés de la parisienne perdurent , la ville doit injecter 950 000 euros fin 2017 et 2 ,6 millions fin 2018.

En 2017 , une nouvelle restructuration amène à la reprise en régie de la mission de conservation des fonds, avec la reprise de trois salariés à la DAC , puis en 2018 c’est la numérisation des fonds photographiques qui y est intégré avec deux salariés de la SPL. A l’époque la mobilisation des salariés ainsi que de nombreuses personnalités du monde de la photo limite la casse , mais aujourd’hui sur l’ensemble des 35 salarié-e-s de l’agence qui n’ont pas été repris , il faut savoir que seulement 3 ont retrouvé un CDI .

Enfin et c’est l’objet de cette deliberation , en 2018 le conseil vote la mise en concession prenant la forme d’une DSP pour la diffusion et la commercialisation des fonds Roger-Viollet et France Soir.

Cette concession de service public prévue pour cinq ans mettra à disposition du concessionnaire le stock déjà numérisé des fonds Roger-Viollet et France Soir , les marques Roger-Viollet et Paris en Images et le local historique de l’agence Roger-Viollet situé au 6 rue de Seine en échange du paiement d’un loyer annuel de 100 000€. Dans le cahier des charges La Ville de Paris exige la reprise de douze salariés dans les memes conditions de salaires et les m^me obligations que la SPL.

Il y a donc eu un appel d’offre avec au final deux candidats : la RMN et la société NDLR qui l’a remporté. Comme beaucoup d’entre nous ici Je dois vous dire que nous sommes non seulement étonné mais très critiques sur ce choix. Nous aurions, à priori préféré que ce soir la RMN qui reprenne ce patrimoine historique.Mais l’exposé des motifs très précis sur les réponses de NDLR , ne nous indique pas quelles ont été celle de la RMN...

Ce que nous savons c’est que le projet culturel de la RMN était mieux noté que celui de NDLR et il nous semble que c’est ce critère qui aurait du être prépondérant .

On nous dit que le projet de NDLR , sera mieux à même d’intégrer les personnels qui resteront groupés dans une filiale dédiée à ce fond et sur les lieux de l’agence et que le projet de la RMN était plus flou de ce pont de vue.

Peut être Paris aurait pu creer cette filiale directement avec la RMN ?Mais force est de constater qu’il est trop tard .Les douze salariés sont depuis trop longtemps dans l’incertitude et nous n’avons pas les moyens de revenir en arrière .

Alors qui est le concessionnaire choisi ? NDLR , c’est une société anonyme au capital de 167 900 euros crée en 2000 dont le siège est rue de la Mare et détenue par ses deux co-fondateurs et co-présidents : Christian Delannoy et Gilles Taquet, Président du Syndicat National des Agences Photographiques d’Illustration.NDLR gère entre autre Photononstop dont le font photographique est estimé à 15 millions de photographies dont un grand nombre libres de droits et Biosmotion, spécialisé dans les clips vidéos destinés aux professionnels.

Ce qui est inquiétant et qui inquiète les salariés c’est la vocation purement commerciale de NDLR, qui fait douter de l’avenir si d’aventure les fonds Viollet et France soir ne généraient pas la rentabilité souhaitée. Mais il est vrai que Ville de Paris versera une compensation 482 K€ par an pour assurer les missions de services publics.

C’est pour cela qu’en accord avec les salariés nous avons proposé un comité de suivi avec des représentants des salariés qui pourra s’assurer que les missions confiées sont bien conformes aux engagements .

Nous avons obtenu cet amendement à la délibération pour que « les salariés soient intégrés de manière permanente au sein du comité de suivi. » et nous en remercions Karine Taieb , cela nous permet ainsi qu’au salariés d’envisager un peu plus sereinement l’avenir . Fort de cette avancée nous ne voterons par contre mais nous nous abstiendrons sur cette délibération.

Publié le

15 novembre 2019

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