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Plan Biodiversité : préservons la Petite Ceinture Ferroviaire

La Petite ceinture ferroviaire est un lieu singulier de convergence des intérêts écologiques de lutte contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité. Pour préserver ce corridor écologique, il convient de garantir le linéaire de la Petite ceinture. Les déambulations piétonnes piétinent les biotopes et les végétaux.
Exploitons la petite ceinture ferroviaire, par des activités à caractère ferroviaires reversibles.

Retrouvez l’intervention de Dider Le Reste

Madame la Maire, mes cher·e·s collègues,

La préservation de la biodiversité face à de multiples prédations demeure un véritable combat comme celui qu’il y a lieu d’amplifier contre le réchauffement climatique.

Aujourd’hui, tous les voyants de la Biodiversité sont au rouge. Avec l’adoption du Plan biodiversité de Paris, nous voulons redresser la barre. Les questions liées à la biodiversité sont intimement liées à celles relatives au changement climatique. L’introduction du Plan susvisé le souligne. Pour préserver la biodiversité, il est nécessaire de lutter contre toutes les formes de pollution et d’envisager un mode de développement respectueux de la nature et de l’humain.

Je voudrais ici aborder de nouveau et cela ne surprendra personne la question de l’outil que constitue la Petite ceinture ferroviaire, qui à elle seule est un bel exemple de convergence des intérêts écologiques de lutte contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité, alliés aux enjeux sociaux.

Aujourd’hui, la Petite ceinture ferroviaire est un réservoir de biodiversité dans Paris. On y relève de nombreuses espèces animales et végétales communes, mais aussi, et c’est important, des espèces rares ou très rares en Ile-de-France.
Ces espèces ont pu se développer grâce aux biotopes variés de la Petite ceinture : les rails et le ballast, les sols végétalisés, les talus et leur trame arborée, mais aussi les tunnels. La Petite ceinture a donc un rôle à jouer en termes de continuité écologique.

Pour préserver ce corridor écologique, il convient de garantir le linéaire de la Petite ceinture. Les ouvertures au public qui sont prévues tronçon par tronçon pourraient mettre en péril cette continuité écologique. Il est important de préserver les biotopes de la Petite ceinture ferroviaire pour y maintenir la biodiversité qui s’y est réfugiée. Les déambulations piétonnes sur la Petite ceinture piétinent les biotopes, les végétaux.

En même temps, il convient de prendre en compte l’impératif écologique de lutte contre le réchauffement climatique et donc de baisse des émissions de carbone. Pour cela, la question du transport et de la logistique est centrale. La Petite ceinture est avant tout un aménagement ferroviaire. C’est un atout majeur, qui peut permettre de réaliser sous certaines conditions un report modal du transport routier vers le transport ferroviaire au regard de la saturation de nos axes routiers mais aussi de celle de nos actuels transports en commun.

Aujourd’hui, l’intérêt stratégique de cette rocade dans le schéma d’aménagement du territoire n’est plus à démontrer. A l’heure où on souhaite transformer le périphérique en boulevard urbain, il est plus que pertinent de penser la Petite ceinture comme un équipement ferroviaire permettant de réaliser du transport et de la logistique bas carbone.
Nous le réaffirmons aujourd’hui en déposant un vœu afin que la réversibilité de la Petite ceinture ferroviaire ne soit pas seulement une affaire de mots. Il s’agit d’assurer un entretien des rails, des traverses et du ballast.

Certaines études montrent qu’une exploitation ferroviaire de la Petite ceinture est compatible avec la préservation de la biodiversité. Nous préconisons donc, dans le cadre des ouvertures au public, d’activités à caractère ferroviaire, comme le vélo rail, les draisines ou un train de la découverte, train expo... En utilisant les rails, on évite de piétiner les biotopes et de déséquilibrer fortement l’écosystème de la Petite ceinture.

Cette solution permet de faire converger tous les intérêts : les Parisiennes et les Parisiens pourront redécouvrir la Petite ceinture ferroviaire et sa biodiversité sans la mettre en péril ; l’entretien de l’infrastructure ferroviaire sera assuré, garantissant sa réversibilité à moyen ou court terme.

La réversibilité des aménagements ne doit pas être une promesse sans lendemain, elle doit être un point d’appui pour l’avenir de l’une des plus anciennes lignes de chemin de fer de notre capitale. La Petite ceinture ferroviaire doit redevenir une voie dédiée au transport bas carbone. C’est aussi l’impératif écologique qui nous l’impose.

Publié le

22 mars 2018

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