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Plan Climat : le traitement des déchets est un pan important de la transition écologique

Hervé Bégué rappelle l’importance du traitement des déchets dans la transition écologique. Lutte contre l’obsolesence programmée et taxe sur les publicités papier à vocation commerciale sont des mesures nécessaires.
Il revient aussi sur l’intérêt pour la ville à remunicipaliser la collecte des déchets dans tous les arrondissements.

Retrouvez son intervention...

Madame la Maire, chers collègues,

Nous partageons les objectifs qui sont portés par ces délibérations. Nous le redirons lors du débat sur le plan Climat : les perspectives écologiques nous imposent de prendre nos responsabilités.
Toutes les mesures qui mettent en place un meilleur traitement des déchets sont les bienvenues.

Le programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés a pour but de mettre fin à l’enfouissement et à l’incinération des déchets qui sont valorisables. Nous sommes d’accord avec cet objectif. Il est nécessaire de mettre fin à cette société du tout jetable.
Je voudrais aborder plus en détail quelques points.

Pour ce qui est du vœu du groupe Ecologiste de Paris qui souhaite mettre en place la pesée embarquée pour la collecte des déchets, je vois bien l’intention qui est poursuivie ici, cependant notre groupe ne partage pas cette vision. La production des déchets par les consommateurs est liée en premier lieu au choix des industriels : c’est sur eux que doit peser la contrainte, c’est auprès d’eux qu’il faut mettre en place une fiscalité incitative.

Nous préférons agir pour que les industriels nous permettent de produire moins de déchets. Pour y arriver, nous devons mener une lutte contre l’obsolescence programmée. Cela fait pleinement partie des actions de prévention qui permettront de réduire le flux des déchets.

Nous devons aussi limiter les emballages jetables qui font partie de la stratégie marketing de l’industrie et de la grande distribution. Nous pouvons le faire en favorisant l’implantation de commerces alimentaires issus de l’économie sociale et solidaire, qui travaillent en circuit court et qui vendent en vrac, ce qui limite à la source les déchets liés aux emballages jetables.

Pour favoriser la réduction des déchets, nous souhaitons limiter la production des publicités papier à vocation commerciale. Elles sont éphémères et nous en jetons chaque jour un grand volume à la poubelle. C’est ensuite la collectivité qui recycle ces publicités papier et qui assument donc le coût de ce recyclage. Nous voulons mettre en place une taxe qui aurait un double bénéfice : elle inciterait les entreprises commerciales à limiter leur production de publicités papier ; elle serait une nouvelle source de financement pour le recyclage des déchets.

Par ailleurs, nous partageons la position du groupe Ecologiste de Paris au sujet des biffins. Il est important de les soutenir. Toutefois, une montée en charge progressive du nombre des carrés de biffins nous semble plus réalisable.

Je souhaite enfin profiter de ce débat pour aborder un point très important pour le groupe Communiste. Aujourd’hui, dans la moitié des arrondissements de la ville, la collecte des déchets est privée. Nous le déplorons. La collecte des déchets est un service public que nous devons rendre aux habitants. Il s’agit de leur assurer une meilleure qualité de vie. Si le modèle mixte entre public et privé à Paris fonctionne globalement, il n’est pas complètement satisfaisant. Nous devons passer à une plus grande part d’une régie publique quand c’est possible.

La gestion en interne est plus économique que l’externalisation.
Elle permet également à notre administration de disposer d’une puissante force de frappe avec des moyens suffisants pour adopter rapidement et largement des innovations techniques ou de nouvelles organisations.

Pouvoir innover et adapter de nouvelles pratiques est particulièrement important dans le cadre de la réalisation de la transition énergétique.
Mais la régie permet surtout de garantir aux agents des meilleures conditions de travail et une meilleure sécurité professionnelle grâce à leur statut.

C’est pourquoi nous proposerons systématiquement à la fin de chaque marché, le retour en régie de compétences externalisées à des entreprises privées.
Il est en effet fondamental que le traitement des déchets ne soit pas une manne financière pour de grandes entreprises privées. Ces entreprises utilisent souvent des emplois mal rémunérés pour dégager des profits. Ce n’est pas acceptable.
Ce n’est pas ainsi que nous voyons la transition écologique.
A chaque fois que nous avons des ambitions écologiques, nous ne devons pas perdre de vue les questions sociales qui y sont liées.

Je vous remercie.

Publié le

22 novembre 2017

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