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Plan Climat : pour une offre de transports publics comme alternatives à la voiture individuelle

Dans le cadre du débat relatif au plan Climat Air Energie de notre ville, Dider Le Reste insiste sur la necessité d’une offre de transports publics suffisante pour permettre ebsuite aux différents acteurs une alternative à la voiture individuelle.

Retrouvez son intervention...

Madame la Maire,

Je ne reviendrai pas sur les ambitions du plan climat et notre désaccord sur la question énergétique abordé par mon camarade Nicolas Bonnet, bien que la question du service public national de l’énergie me tienne particulièrement à cœur.

Je voudrais pour ma part revenir sur la partie du Plan Climat qui concerne les transports. Les objectifs sont ambitieux : ils visent à « achever la transition entre l’ère de la voiture individuelle polluante et celle des modes de transport propres, actifs et partagés ». Pour y parvenir, le Plan prévoit de responsabiliser les acteurs pour induire un changement des comportements notamment pour limiter, la place de la voiture individuelle.

Comme l’a affirmé Nicolas Bonnet, je souhaite dire à nouveau que ces incitations et prises de consciences individuelles sont insuffisantes pour impulser un changement. C’est aux pouvoirs publics qu’il revient de proposer une offre de transports publique suffisante pour permettre ensuite aux différents acteurs de préférer les transports collectifs à la voiture individuelle.

Aujourd’hui, l’amélioration des transports publics, notamment les lignes des RER et singulièrement celle du RER B, devient une urgence. Nous réaffirmons par un amendement que le projet du Grand-Paris Express qui doit être mené à son terme est un préalable nécessaire au changement des comportements des Franciliens et des Franciliennes. Il permettra de resserrer le tissu urbain entre Paris et les départements limitrophes pour effacer la frontière que constitue le boulevard périphérique. Avec 200 kilomètres de lignes nouvelles de métro automatique, 68 futures gares, plus de 2 millions de personnes attendues quotidiennement, le Grand Paris Express dessine un maillage urbain qui permet d’envisager plus facilement d’utiliser les transports en commun plutôt que la voiture individuelle. La Ville doit peser pour impulser cet investissement pour atteindre les objectifs affichés dans le Plan climat.

En revanche, il est impératif d’abandonner le projet de de liaison ferroviaire dénommée Charles de Gaulle Express. Cet investissement est bien trop coûteux et présente un intérêt limité. Il ne répond pas à l’intérêt général. Il ne desservira pas les villes de banlieue qu’il traverse. De plus le prix du billet sera très onéreux. Ces deux éléments excluent donc un nombre conséquent d’usagers potentiels. J’ajoute que ce projet génèrera des nuisances pour les riverains. Ainsi il passer de 5H du matin à minuit, 152 fois par jour sous les fenêtres des riverains, pour un train aux trois quarts vides.

Il ne s’intègre de fait pas dans les objectifs du Plan climat pour deux raisons essentielles. D’une part, l’implantation de cette ligne mettra à mal les projets urbains comme le projet Chapelle Charbon à la Porte de la Chapelle dans le 18ème arrondissement de Paris. C’est inadmissible quand on sait qu’il s’agit de construire des logements et d’aménager un parc urbain qui constituerait un ilot de fraicheur dans le quartier, ilot de fraicheur qui s’intègre parfaitement à la logique du Nouveau Plan Climat. D’autre part, le CDG Express vise à rapprocher l’aéroport de Roissy du cœur de la capitale et favorise donc implicitement le transport aérien. Or le Plan Climat montre que c’est le transport aérien qui a l’empreinte carbone la plus élevée.

Il contribue en effet à lui seul à un tiers de l’empreinte carbone de Paris. Une réduction très forte de ce volume est indispensable. Il est donc essentiel que le nombre de déplacements en avion des Parisiens notamment à l’intérieur de l’hexagone, baisse de façon conséquente. Cela nécessite une action déterminée de l’État pour le développement du réseau ferré national. Il faut faire évoluer le financement du transport ferré afin que le train, beaucoup moins producteur de CO2, soit compétitif. Si nous voulons inciter les citoyens à changer leurs habitudes de déplacement, il est nécessaire d’utiliser le levier du prix du billet de train pour y parvenir.

Il est important que la ville se montre exemplaire en la matière : les agents et personnels qui voyagent doivent préférer le train pour tous les trajets inférieurs à 1000 km. Rappelons que les 5 millions de tonnes de CO2 qui resteront à compenser à l’horizon 2050 sont grandement liées au transport aérien.

Pour finir, je dirai que nous voyons d’un bon œil les mesures qui visent à favoriser la logistique bas carbone et à développer les plateformes multimodales. Dans ce cadre, nous réaffirmons la nécessité de préserver la réversibilité de la Petite Ceinture ferroviaire. Cet équipement est stratégique pour développer entre autres un fret bas-carbone et implanter des plateformes de logistique multimodales au cœur de la Ville. Nous souhaitons aussi insister sur la ZAC Bercy Charenton qui est une zone stratégique essentielle pour favoriser la pénétration du rail à l’intérieur de Paris, en interconnexion avec la route et le transport fluvial. Elle constitue un atout stratégique majeur permettant de répondre aux enjeux sociaux et environnementaux.

Publié le

22 novembre 2017

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