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Plaques commémoratives en hommage aux victimes des attentats des 7,8,9 janvier 2015

Intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Madame la Maire,
Mes cher-es collègues,

Ce choc que nous avons subi au mois de janvier dernier est encore gravé dans nos mémoires.

Toutes et tous nous nous souviendrons du lieu où nous étions ce 7 et ce 9 janvier dernier quand le fanatisme a frappé notre ville et 16 de nos concitoyennes et de nos concitoyens.
Nous nous souvenons de l’effroi, de la stupeur qui nous a saisis. Comment est-ce possible en plein Paris que les menaces proférées se soient transformées en actes criminels ?

Il y a eu cette belle réaction du peuple de Paris épaulé par le monde entier, car Paris appartient aussi à celles et ceux qui l’aiment et ils sont nombreux de par le monde.
Ce peuple qui a dit non à la barbarie, non au racisme et à l’antisémitisme mais surtout oui à la liberté de conscience et de création, oui au droit à la critique et à la caricature.

Paris en ces heure-là dignement, silencieusement a su faire rempart pour que s’éloigne le spectre de ceux qui voulaient nous faire peur.

Je ne suis pas de ceux qui pensent que les grands moments de l’histoire marquent les consciences à jamais. Pour prendre un exemple qui m’est cher le sport souvenons-nous des éditoriaux au lendemain de la victoire de la France à la coupe du monde en 1998 et des propos des mêmes éditorialistes au lendemain du match France Algérie. Je vous incite à les relire et à les méditer.

Rien n’est jamais acquis éternellement et il faut sans cesse penser à éduquer, à transmettre, à faire que les enfants d’en France connaissent l’Histoire.
Est-ce un remède suffisant pour éviter l’embrigadement, la perte de repères et de conscience ? Non.
Tant de facteurs interviennent qui poussent des enfants de nos villes et nos quartiers dans les bras d’extrémistes qui exploitent leur crédulité.

Mais alors que désormais les noms des victimes de Charlie comme de l’Hyper-casher seront gravées dans le marbre, gravons-les surtout dans notre conscience.

Avant que de parler, réfléchissons, ne schématisons jamais, ne simplifions jamais, ne confondons jamais : le musulman et l’intégriste, le juif et l’argent, le rom et le voleur, le réfugié et le poseur de bombes…

Que n’avons-nous entendu depuis janvier. Les vieilles recettes rances de la peur ont à nouveau été agitées par certains, je préfère ne pas les citer ici car les « Charlie » les auraient critiqués bien mieux que moi.

Je l’avais dit au moment où nous avions décidé de cet hommage de la ville ayons l’intelligence dans l’ancien Premier Ministre Norvégien après le massacre de Brejvik : « Il nous faut rire chanter et surtout ne pas avoir peur car c’est la démocratie et la tolérance qui nous guident. »

Alors à chaque fois que nous passerons devant l’une de ces plaques pensons à ce que nous allons faire pour qu’enfin un monde de paix et de tolérance soit le futur que nous réservons à nos enfants.

Je vous remercie

Publié le

30 septembre 2015

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