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Pour des choix budgétaires résolument à gauche

Madame la Maire, mes chers collègues,

Il y a quelques jours, j’étais avec mon collègue Jean Noel Aqua devant l’Apple Store place de l’opéra, pour dénoncer l’un des faits majeurs des 5 ans du Président Hollande, l’évasion fiscale, l’optimisation et la fraude fiscale qui s’élève chaque année entre 70 et 100 milliards d’euros.

Autant dire que l’évasion fiscale est plus importante que le déficit public. Le renoncement d’une grande réforme fiscale à conduit le gouvernement à trancher dans le budget de l’Etat pour économiser 50 milliards d’euros en trois ans. Pour atteindre cet objectif, il a fallu réduire toutes les dépenses de fonctionnement des grands services publics, tels que les hôpitaux ou la sécurité sociale et imposer le même régime aux collectivités locales en réduisant de 11 milliards d’euros les dotations de fonctionnement.

À l’échelle nationale, le résultat de cette politique est désastreux. « Toute baisse de la dépense publique est récessive, il n’est pas besoin d’avoir suivi des études d’économie très poussées pour le savoir », ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’ancienne ministre Marilyse Lebranchu lorsqu’elle était auditionnée par le député Nicolas Sansu dans le cadre de la rédaction d’un rapport parlementaire sur l’impact de la baisse des dotations. Malheureusement, pour faire face au choc budgétaire du pacte d’austérité, six collectivités territoriales sur dix ont été obligées de répercuter la baisse des dotations sur l’investissement. Entre 2014 et 2020, il est prévu que l’investissement des communes diminue de 15 à 25% par rapport à la précédente mandature.

A Paris, nous avons la chance d’être dans une situation différente. Nous pouvons compter sur l’attractivité de la capitale et nous avons encore d’importantes ressources. Nous avons aussi fait le choix politique de mener une politique de gauche en faveur de l’investissement public, de la création de logements sociaux et d’équipements publics pour répondre aux besoins des parisiennes et des parisiens. Nous mettons en œuvre un plan d’investissement de mandature de 10 milliards d’euros. Nous consacrons 25% de cet investissement à la création d’équipements publics dans les quartiers populaires.

Mais cette politique est sans cesse menacée. Depuis 2003, l’Etat a accumulé une dette énorme envers le département de Paris. Nous versons chaque année plus de 1.5 milliard d’euros d’aides sociales, l’Etat compense à peine à hauteur de 350 millions. À cela s’ajoute la baisse de 50% de la Dotation Globale de Fonctionnement. Lorsque le budget de la Ville est fragilisé de la sorte, ce sont au final les parisiennes et les parisiens qui en payent le prix : c’est inacceptable ! Nous devons renverser la table et mettre l’Etat face à ces responsabilités. C’est le sens du vœu des élu-es communistes dans lequel nous demandons un moratoire national sur la baisse des dotations et nous exigeons de l’Etat qu’il rembourse sa dette à la Ville de Paris.

C’est en tenant tête à l’Etat que nous pourrons faire avancer la situation et que nous serons, par la suite, en mesure de porter des propositions d’amélioration concrète de la vie des parisiennes et des parisiens. À ce titre, nous restons convaincus que le principal enjeu de cette mandature est la lutte contre la spéculation immobilière. Les prix de l’immobilier ont explosé à Paris en quinze ans, plus 150% d’augmentation du prix de vente au mètre carrés. Les répercussions sont terribles pour la population qui n’arrive plus à se loger. Comme le montre le rapport de la fondation Abbé Pierre, 20% des ménages de l’Île-de-France vivent en surpeuplement dans leur logement. Plus de 20 000 personnes passent leur nuit dans des centres d’hébergement. En 2015 à Paris, plus de 6 700 expulsions locatives, la majeure partie en raison d’impayés. Nous n’acceptons pas cette situation quand, dans le même temps, des centaines de milliers de logements à Paris sont vides, sous-occupés ou loués à prix d’or à des touristes.

C’est le sens du vœu que nous avons déposé sur les recettes immobilières.
C’est 1000 logements vacants et 90 résidences secondaires que l’on veut rendre aux parisiens. Quand des familles dorment dehors, il n’est pas acceptable que des spéculateurs laissent pourrir des logements en attendant de pouvoir réaliser d’éventuels profits. Il n’est pas plus acceptable de laisser des propriétaires occuper une résidence secondaire quelques semaines par an pendant que des familles entières s’entassent dans des studios. On ne peut pas non plus accepter que Paris devienne la capitale « airbnb » dans laquelle seuls les touristes ont le droit d’habiter.
Voilà pourquoi nous proposons d’augmenter de manière très significative la taxe sur les logements vacants et les résidences secondaires. Voilà pourquoi, nous voulons également mettre fin aux abus des loueurs professionnels sur « airbnb » en augmentant le montant de l’amende en cas d’infraction à la législation en vigueur pour les meublés touristiques. L’objectif de ces trois mesures est clair : nous devons inciter les propriétaires à mettre leur bien en vente ou en location pour rééquilibrer l’offre et de la demande de logement et ainsi contribuer à la baisse des prix de l’immobilier.

Je vous remercie

Publié le

7 novembre 2016

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