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Pour du fret ferroviaire sur la petite ceinture !

En l’absence de détails précis sur la garantie de réversibilité et le manque de perspective sur le fret à Paris, nous nous sommes abstenus sur la délibération.

Un protocole sera donc signé avec la SNCF-réseaux sur la destination de l’emprise de la petite ceinture ferroviaire. Ce protocole cadre permettra de définir les modalités opérationnelles et financières de réalisation pour l’ouverture à la promenade de plusieurs tronçons de la PC. Un diagnostic et état technique de l’infrastructure sera réalisé conjointement par la SNCF et la Ville de Paris d’ici juillet 2015 permettant la réalisation d’un plan-programme et de la signature de conventions : la SNCF mettant à disposition ses emprises, la Ville de Paris étant chargé de l’aménagement et de l’entretien de ces espaces.

Tout cela est bel et bon. Mais en mettant à disposition ses emprises, la SNCF se contente de poursuivre dans son désintérêt pour cet élément du réseau, en se limitant à confier à la Ville de Paris l’aménagement et l’entretien de ces espaces. Pourtant, la question de la petite ceinture pose un réel débat, celui de la préservation de la potentielle activité ferroviaire du site, dans le but de développer l’indispensable développement du transport ferroviaire de marchandises pour lutter contre la pollution à Paris et permettre aux marchandises d’entrer dans Paris. L’étude de l’Atelier parisien d’urbanisme et de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la Région Ile-de-France soulignent l’atout ferroviaire de la petite ceinture.

Pour améliorer la qualité de l’air à Paris, le nécessaire report des camions de marchandises par le rail ou par le fleuve doit être au cœur des politiques d’aménagement de Paris devant s’accompagner d’un vrai développement de pôles logistiques multimodaux pour l’organiser. La petite ceinture fait partie des solutions à envisager pour organiser ce report, qui devra inclure des modes et des moyens de transports non bruyants pour limiter les nuisances subies par les riverains et habitants des maréchaux.

Il faut donc veiller, pour ne pas nuire à ce potentiel, à ce que les aménagements prévus puissent permettre une réelle réversibilité des usages en cas de décision de réutilisation ferroviaire du site, à ce que les rails, le ballast et les traverses ne soient pas déplacés ou supprimés et qu’ils soient régulièrement entretenus, car sans entretien pas de réversibilité. Il ne faudrait pas empêcher la seule destination réellement utile de la petite ceinture simplement pour aménager les quelques tronçons hors tunnels effectivement susceptibles d’accueillir une promenade, laquelle serait par ailleurs le plus souvent enterrée.

Les élus communistes au Conseil de Paris déposeront un amendement à la délibération sur ce sujet. Ils demanderont également, par le biais d’un vœu, des assises du transport de marchandises et de la multimodalité, pour organiser les modes alternatifs au fret routier (rail, voie fluviale, dernier kilomètre…), préparées par des ateliers de concertation. C’est pourquoi, en l’absence de détails précis sur la garantie de réversibilité et le manque de perspective politique sur le développement du fret à Paris, le groupe communiste du 14ème arrondissement s’abstiendra sur cette délibération.

Publié le

9 avril 2015

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