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Pour la préservation des barrages hydroélectriques

Jean Noël Aqua présente le voeu relatif à la spoliation du bien collectif des barrages hydroélectriques.

Retrouvez son intervention et le voeu

Madame la Maire,

Plus de 10 % de l’électricité provient des barrages hydro-électriques. Lors de nos Conseils, puisque nous nous vantons de n’acheter que de l’électricité verte, c’est donc plus de 60 % de l’électricité qui sert à nous éclairer qui vient des barrages hydro électriques. On comprend donc l’importance de ce sujet pour notre collectivité. Ils sont essentiels, ces barrages, à plusieurs titres : pour la production de la puissance électrique en premier lieu, jeviens de le dire, mais aussi pour la stabilité du réseau électrique, car c’est l’énergie renouvelable par excellenceet parfaite car non-intermittente.

Et enfin, les barrages sont aussi essentiels en matière de gestion de la ressource en eau. Quel est donc leproblème avec les barrages hydro-électriques ? Encore une fois, la volonté du gouvernement d’être le bon élève ultralibéral des diktats européens. MACRON et ses acolytes prévoient donc une cession au privé de 150 barrages sur les 400 d’ici à 2022.

L’ouverture à la concurrence et à la cession, ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, à des grands groupes industriels, puisque ce seront principalement eux qui pourront répondre, est une erreur triple. Tout d’abord, elle va immanquablement se traduire par une hausse des prix, non seulement pour rémunérer les actionnaires, mais aussi par des pratiques potentiellement agressives pour faire artificiellement monter les cours de l’électricité par le relargage des eaux, comme les opérateurs privés suisses savent si bien le faire.

Ensuite, cette privatisation va aussi poser le problème de la perte de contrôle public sur la gestion de l’eau, bien commun ô combien important à gérer par la puissance publique. Notons que le gouvernement se défausse sur les injonctions européennes, comme souvent. Mais il est piquant de noter que l’Allemagne, l’Espagne, la Suède ont réussi, eux, à négocier avec la Commission européenne la non-ouverture à la concurrence des concessions hydro-électriques.
Jupiter serait-il donc en petite forme ?

Par notre vœu, nous demandons donc que le gouvernement renonce à la privatisation des concessions hydrauliques. Nous le répétons encore et toujours : seuls les services publics sont garants de l’intérêt commun et de la maîtrise à long terme des enjeux des biens communs comme l’énergie et l’eau. "Il n’y a pas de planète B", nous disait notre président. Il y a certainement une politique B alternative à l’ultralibéralisme.

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Publié le

4 mai 2018

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