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Pour une augmentation substantielle des effectifs dédiés à la propreté de Paris

Raphaëlle Primet affirme l’importance de mettre la questions des agents au coeur de notre débat sur la propreté à Paris. La solution ne se trouve pas dans un changement artificiel des cycles de travail, mais dans un renforcement des effectifs.

Retrouvez son intervention...

Madame la Maire, mes chers collègues,

Je l’ai entendu dans votre communication de ce matin et je partage avec vous que notre débat sur la propreté à Paris doit mettre au centre de sa réflexion la question des agents qui travaillent chaque jour pour rendre Paris propre. Le premier constat dressé par la M.I.E. est celui de la nécessité de l’augmentation des moyens humains.

On parle d’un besoin d’environ 1.000 postes, peut-être moins - il faudra affiner - mais c’est de cet ordre-là. La ville change. Les habitudes de vie évoluent. Les habitants et les habitantes investissent plus l’espace public. Les trottoirs et lieux de promenade sont plus nombreux. Malheureusement, les magasins sont de plus en plus ouverts le dimanche. La multiplication des zones touristiques internationales et l’autorisation de l’ouverture pour les commerces 12 dimanches par an a généré un surcroît de travail pour les agents de la propreté.

Les effectifs manquent aujourd’hui à la DPE. Preuve en est, un certain nombre de ce qu’on appelle les "petits engins" sont sous-utilisés, faute de bras pour les faire sortir des ateliers. Vous faites part de l’achat de nouveaux engins - nous vous en félicitons - mais il faudra d’abord augmenter les effectifs pour les utiliser efficacement.

Nous avons été le seul groupe à avoir demandé et obtenu, depuis le début de la mandature, la création de postes à la DPE. C’est pour nous un motif de satisfaction, même si on est encore bien loin du compte. C’est d’une augmentation substantielle dont nous avons besoin pour réaliser les objectifs que nous nous donnons aujourd’hui.

En revanche, nous continuons de nous opposer à la saisonnalité des rythmes de travail. Je fais ici référence à la délibération DPE 2 qui est rattachée à notre débat. Cette délibération vise à étendre les horaires saisonniers du 1er juin au 1er octobre. Elle prétend assurer une présence des agents de la propreté plus efficace et fait part d’un premier bilan positif de la mise en œuvre de ce dispositif, mais, malheureusement, le bilan n’est pas joint à la délibération. Pouvons-nous y avoir accès ? Nous l’avons déjà dit : pour nous, ce nouveau cycle de travail a une valeur plus de "com", car la vue des agents en gilet jaune par les habitants tend à renforcer leur sentiment que l’on s’occupe de la propreté mais, dans la réalité, travailler sur site quand les habitants sont là est complètement inefficace.

Je vous mets au défi de venir balayer les abords du canal Saint-Martin un soir du mois de juillet à 22 heures. Comment pouvons-nous imaginer que les agents puissent faire leur travail dans ces secteurs à ces horaires ? D’ailleurs très peu d’agents sont volontaires, même s’ils sont mieux rémunérés. Ceux qui sont affectés à ces cycles de travail sont les nouveaux arrivés, les stagiaires. Cela démontre bien que ces cycles de travail ne prennent pas en compte les revendications et les conditions de travail des agents.
Nous voterons donc contre cette délibération.

Je viens appuyer l’idée de mon camarade Didier LE RESTE de la collecte en un seul tour. Ajouter un énième cycle de travail n’améliorera pas la propreté dans Paris. Pour cela, il convient de renforcer les équipes de ceux qui déploient tant d’énergie pour rendre notre ville propre.

Je vous remercie.

Publié le

7 février 2018

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