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Jeux Olympiques et Paralympiques : Pour une structure dédiée à l’héritage

Alors que le Conseil de Paris était amené à se prononcer sur les statut du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques (COJO) et sur l’adhésion de la ville au COJO, Nicolas Bonnet Oulaldj rappelle que l’héritage était au coeur de la candidature et qu’il doit rester au coeur du projet. A cet effet, il demande qu’une structure dédiée soit mise en place pour étudier, planifier, financer et construire cet héritage.

Retrouvez son intervention...

Madame la Maire,

Tout d’abord, je voudrais rebondir sur les propos de Brigitte KUSTER et d’Ann-Katrin JÉGO. Nous avons participé à cette belle aventure de la candidature de Paris dès le départ, et vous savez d’ailleurs que le groupe Communiste était convaincu qu’il fallait que l’on soit candidat et bien avant les événements qui ont frappé notre capitale.
Nous avons participé tous activement au G.I.P., il y avait 5 places. Aujourd’hui, les statuts proposent 3 places. D’ailleurs, il n’y a pas de dénomination aujourd’hui à ce Conseil, ce qui est à mon avis regrettable et pose un problème : la représentation de Paris dans ce C.O.J.O.

Alors, pour moi c’est une question importante mais ce n’est pas la plus importante. La création du C.O.J.O., et j’entends les critiques sur paralympique, est une nouvelle étape importante, car plus le dossier se concrétise, plus nous devons garder à l’esprit l’essence même de notre candidature et ce qui a largement rassemblé les bancs de notre Assemblée, c’est l’héritage.

L’héritage ne doit pas être le vernis du dossier, mais bel et bien rester le cœur du projet. Pour le moment, je suis préoccupé car c’est un peu l’Arlésienne. On parle de l’héritage mais personne ne le voit. Pour le moment, l’héritage n’existe pas. Il n’existe pas parce qu’il ne se décrète pas. Il n’existe pas parce qu’il faut encore le construire et les six ans qui viennent sont les plus importants.

La réussite des Jeux olympiques et paralympiques, tels que nous les voulions, se joue maintenant. Or, j’ai l’impression que beaucoup d’acteurs de ce dossier ont la fâcheuse tendance de confondre effet Jeux olympiques et paralympiques, et héritage Jeux olympiques et paralympiques.

L’effet aura lieu, il est déjà peut-être présent. Nous savons qu’il y aura une hausse des demandes de licences après ces compétitions et après les Jeux Olympiques et Paralympiques. La Ministre elle-même voudrait impulser une dynamique de 3 millions de licencié-es supplémentaires d’ici 2024, et il y a fort à parier que ce soit à Paris, en Seine-Saint-Denis, et plus largement en Ile-de-France que ces demandes de licence se concrétiseront.

Nous ne sommes pas en mesure actuellement, à Paris et en Ile-de-France, à faire face à ce boum de licencié-es. L’an passé, les clubs franciliens ont refusé près de 10.000 jeunes et adultes parce qu’ils n’avaient pas assez d’équipements sportifs à disposition pour accueillir ces nouveaux et nouvelles licencié-es.
Si nous voulons absorber ce booum, c’est dès maintenant qu’il faut l’anticiper. C’est dès maintenant qu’il faut diagnostiquer les besoins et décider d’une politique pluriannuelle. C’est pour cela que j’ai fait une proposition d’inspection générale sur le sujet. C’est dès maintenant qu’il faut mettre en place une loi de programmation de rattrapage des équipements sportifs et de réduction des inégalités territoriales, que d’ailleurs mon collègue Pierre LAURENT présentera au Sénat, et j’espère que les sénateurs qui sont sur les bancs de l’Assemblée nous soutiendront. C’est dès maintenant et pas dans six ans que nous devons réagir pour ne pas décevoir.

C’est pour ces raisons que nous avons amendé le budget de la Ville de Paris, afin de lancer dès cette année des études en vue de la construction de nouveaux équipements sportifs de proximité, et notamment dans les quartiers populaires.
On entend ici et là que l’héritage pourrait être géré par le C.O.J.O. ou la SOLIDEO. Mais soyons réalistes, le C.O.J.O. est une structure privée qui a pour mission d’organiser le plus gros événement sportif mondial. Son objectif est d’organiser en six ans l’équivalent de dizaines et de dizaines de championnats du monde dans des dizaines de disciplines et de tenir le budget alloué à cet effet. On ne saurait lui demander d’en prendre plus, notamment la planification et la construction de l’héritage. La SOLIDEO est une structure publique chargée de livrer les équipements olympiques et elle n’a pas vocation à autre chose que cela.

Tout cela, nous en avions conscience lors des différentes étapes de notre candidature. Je rappelle que dans chacune des trois phases du dossier de candidature, l’héritage était mis en avant. Lors de la seconde phase de notre dossier de candidature notamment, nous avons décrit la gouvernance de notre projet et cette gouvernance reposait sur trois piliers : le C.O.J.O., la SOLIDEO et Héritage 2024.

Notre vœu aujourd’hui ne demande ni plus ni moins que cela : une entité dédiée à l’héritage, une entité qui aura pour but de rendre tangible cet héritage, de mettre toutes les parties prenantes autour de la table pour étudier, planifier, financer et construire cet héritage. Héritage physique en équipements sportifs et culturels bien sûr, mais économique et social avec la pérennisation des emplois créés, environnemental avec la baignabilité de la Seine et toutes les actions qui pourraient être mises en place.

Je conclurai en reprenant le slogan. "Venez partager", disait ce slogan. Eh bien, je vous invite à partager la vision des Jeux olympiques et paralympiques qui est la nôtre depuis le début, celle des Jeux qui profitent aux populations, celle qui place l’héritage au cœur des Jeux.

Je vous remercie.

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Publié le

7 février 2018

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